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Une deuxième conseillère indépendante au conseil municipal de Saint-Jérôme

Les conseillers municipaux et le maire de Saint-Jérôme ont posé pour quelques photos avant la séance du conseil municipal du 20 février 2018.

Nous publions ici une lettre de la conseillère municipale Johanne Dicaire qui annonce en ce 1er juin sa démission du parti du maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher. Elle est la deuxième conseillère à quitter le parti qui a obtenu les 13 sièges de pouvoir au lendemain des élections municipales du 5 novembre 2017. La conseillère Nathalie Lasalle a aussi quitté le parti du maire le 8 mars, dénonçant une culture d’intimidation de la part de certains élus et employés municipaux. Ses collègues et le maire ont répondu par lettre quelques jours après, arguant qu’elle ment.

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Aujourd’hui, j’annonce que je démissionne du parti Équipe Stéphane Maher – Vision Saint-Jérôme et que je siégerai désormais comme indépendante au conseil municipal de Saint-Jérôme.

Depuis plusieurs mois, je ne suis plus en mesure de cautionner plusieurs gestes posés par le maire, monsieur Stéphane Maher et son entourage proche. La situation est devenue hautement inconfortable, et même toxique, surtout depuis les élections de novembre 2017. Récemment, la demande de monsieur Maher de me retirer de la présidence du parti a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Depuis plusieurs mois, j’ai subi de l’intimidation, du contrôle et j’ai été témoin de magouilles, de paranoïa et d’abus de pouvoir. Non seulement cette ambiance de travail est nocive et épuisante, mais j’en suis aussi venue à la conclusion qu’elle brimait ma capacité à effectuer mon rôle d’élue, représentante des citoyens, en toute liberté, sans contrôle ni tentative de muselage ou craintes de représailles. Actuellement, je suis dans l’impression que Stéphane Maher et son adjoint, Simon Geraghty, exercent de la pression, du contrôle et font preuve de manipulation envers les conseillers, afin qu’ils puissent arriver à leurs propres fins, dans leurs intérêts à eux, et non pas dans l’intérêt des citoyens.

Je tiens aussi à préciser que j’endosse les dires de Nathalie Lasalle, démissionnaire et aujourd’hui conseillère indépendante. Je peux témoigner que ce qu’elle a dit lors de sa démission était véridique et que comme elle, j’ai aussi vu à plusieurs occasions les manœuvres de contrôle abusif de la part du noyau du cabinet du maire.

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Aussi, je n’ai jamais digéré la magouille électorale, le plan anti-campagne de monsieur Maher et sa garde rapprochée, qui à mes yeux, est de la fraude électorale évidente en plus d’être un traitement inhumain envers mes deux anciens collègues Mario Fauteux et André Marion. La manière dont s’est déroulé cet événement, les mensonges, la manipulation, la magouille organisée par Stéphane Maher, Benoit Beaulieu, Gilles Robert et Simon Geraghty est indéfendable. En plus de ce que Mario et André ont eu à vivre comme conséquences, la confiance au sein du caucus en a pris un coup.

Comment ne pas me demander ce qu’ils sont en train de magouiller dans notre dos, nous les élus ? Comment faire confiance à des gens capables d’agir de la sorte ? Je ne peux me résoudre à faire partie de cette équipe ni à garder le silence ou à approuver de tels comportements. Deux conseillères, Sophie Saint-Gelais et Mylène Laframboise ont été parachutées dans notre parti et comme candidate, à la toute dernière minute, sans que nous ne le sachions, alors que tout était planifié en cachette des autres candidats et des citoyens. Comment digérer un tel manque de transparence et un tel déni de la démocratie. Ceci ne représente pas l’esprit d’équipe ni du respect envers les membres de notre parti ni envers les autres candidats qui étaient en course à cette élection.

Aussi, lorsque j’étais sur le comité exécutif pendant six mois, à plusieurs reprises j’ai été coincée et forcée à approuver des résolutions alors que j’ai soulevé que je n’étais pas à l’aise de le faire.  En l’absence du maire et du pro-maire, il n’y avait à ces rencontres que le directeur général Yvan Patenaude, le dga, Alain Larocque, Simon Geraghty et Benoit Beaulieu qui lui s’autoproclamait président. Je devenais donc la seule personne qui pouvait approuver les résolutions, et ce, dans un contexte déstabilisant et intimidant. Inconfortable, j’ai demandé s’il était possible de reporter une séance, mais on m’a répondu que c’était impossible et que je devais approuver toutes les résolutions, séance tenante. Je considère avoir été piégée et contrainte de voter et d’approuver toutes les résolutions. Avoir été nommée sur le comité exécutif était finalement une supercherie et une manière de m’utiliser à leurs fins.

Je pourrais mentionner plusieurs autres détails, toutefois mon objectif n’est pas de salir qui que ce soit, mais seulement de bien expliquer aux citoyens de Saint-Jérôme que j’ai toujours effectué mon travail dans leur intérêt et que je continuerai de le faire. J’ai aussi essayé de rester au sein du parti pour m’assurer qu’il y ait toujours quelqu’un qui assure la garde et la vigilance, mais je n’en suis plus capable. Je crois qu’il y a des abus de pouvoir évidents et de la manipulation flagrante au sein du caucus, et je ne suis plus capable de garder le silence ou de cautionner ces comportements. Je représente les citoyens de mon district, je veux garder mon indépendance, arrêter de subir de l’intimidation et arrêter d’être amère et frustrée de voir comment se passent les choses en cachette, en arrière-scène.

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J’espère conserver mes commissions. Monsieur Maher a dit avoir augmenté notre salaire et les primes aux commissions par reconnaissance de nos compétences. Il m’a donné ces commissions en me sachant compétente, et je le suis encore autant.

J’espère que les citoyens continueront de s’informer de ce qui se passe à Saint-Jérôme. J’espère que les autres conseillers continueront de soulever des questions sur les décisions qui sont prises, tant au parti qu’au conseil et qu’ils restent vigilants sur les tentatives de manipulation à leur égard, notamment de la part de Simon Geraghty, qui comme fonctionnaire de la ville, effectue du contrôle sur des élus. J’espère que le DGEQ fera en sorte que justice soit faite pour mes deux anciens collègues. Et j’espère que nous aurons à la tête de la ville de Saint-Jérôme, un maire capable de gouverner dans les intérêts des citoyens de la ville en étant transparent, honnête et bien intentionné.

Je ne sais pas encore si je ferai un autre mandat, ni si je me joindrai à un autre parti lors des prochaines élections. Pour l’instant, j’ai besoin de décanter les derniers mois et de faire le point sur la suite des choses.

Johanne Dicaire, conseillère indépendante

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