Transport

La rue Lamontagne prévue pour accueillir jusqu’à 30 000 véhicules par jour en 2005

Depuis que Saint-Jérôme a décidé d’interdire aux véhicules provenant de la rue Saint-Nicolas d’utiliser la rue Lamontagne, c’est un relatif retour au calme pour les résidents de cette rue.

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Mais la rue Lamontagne, qu’ils veulent garder résidentielle et paisible, a plutôt été construite à d’autres fins, comme en témoigne un plan directeur déposé en 2005 ainsi que la présence d’une importante bretelle d’accès à l’autoroute 15.

Saint-Jérôme avait planifié d’en faire une artère

Dans son plan directeur de circulation, qui date de 13 ans, Saint-Jérôme avait pourtant prévu que la rue Lamontagne serait une artère, soit la deuxième catégorie de route la plus achalandée après une autoroute. C’est d’ailleurs cette planification qui a fait que Transports Québec y a aménagé une bretelle d’accès à la 15.

Le statut d’artère de la rue Lamontagne signifie qu’on lui destinait une catégorie comparable aux rues Saint-Georges et Labelle, De Martigny, Melançon, J.-B.-Rolland et Grand-Héron, ou encore que la route 158 entre les routes 15 et 117.

Cette carte est extraite du plan directeur de la circulation 2005 de Saint-Jérôme. Le tracé de la rue Lamontagne est représenté par un pointillé de couleur orange, ce qui signifie qu’on prévoyait un achalandage entre 5 000 et 30 000 véhicules par jour. Entre 2005 et aujourd’hui, Saint-Jérôme a continué de permettre la construction de maisons unifamiliales sur cette artère.

La question que plusieurs se posent présentement est la suivante: «Pourquoi des constructions résidentielles unifamiliales se sont installées sur la rue Lamontagne alors qu’on a aménagé, directement dans son prolongement, une bretelle d’accès à la 5e autoroute la plus achalandée au Québec?»

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Si la réponse n’est pas encore connue, les conséquences, elles, sont bien réelles. La rue Lamontagne à Saint-Jérôme est très large, beaucoup plus que la moyenne. Assez large pour qu’elle soit bordée d’une piste cyclable sur une importante partie de sa longueur.

Entre le chemin Saint-Nicolas et le boulevard Roland-Godard, on y compte une soixantaine de maisons. Des maisons unifamiliales sur des terrains de grand gabarit, la plupart avec deux autos garées dans l’entrée.

Depuis un bon bout de temps, plusieurs des résidents se plaignent de la congestion de leur rue, surtout aux heures de pointe de la circulation.

Les efforts d'affichage sont nombreux pour envoyer la circulation ailleurs que sur Lamontagne à la sortie de l'autoroute 15.
Les efforts d’affichage sont nombreux pour envoyer la circulation ailleurs que sur Lamontagne à la sortie de l’autoroute 15.

Un gros écart avec les rues voisines

Mise en garde: les observations qui suivent, faites par TopoLocal, n’ont rien de scientifique. Mais, comme en conviennent tous ceux qui s’intéressent à la question, il suffit d’observer la rue Lamontagne à l’heure de pointe, matin ou soir, pour constater que ça circule beaucoup.

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En dehors des heures de grand achalandage, nous avons quand même voulu observer le «trafic naturel» en comptant des véhicules, tout simplement, un samedi après-midi, à un moment que nous avons jugé plutôt neutre. En dix minutes, nous avons compté 83 véhicules sur la rue Saint-Nicolas, soit environ 500 véhicules à l’heure. Pendant une autre période de dix minutes, nous nous sommes rendus à l’angle de la rue Lamontagne et de la rue des Saules, où nous avons compté sur Lamontagne 60 véhicules, soit 360 à l’heure.

Pendant dix autres minutes, la rue des Saules, qui se prolonge sur la rue des Noisetiers pour retrouver la rue Saint-Nicolas, accueillait 2 véhicules, ou une douzaine à l’heure.

C’est donc dire que l’ensemble des Saules/des Noisetiers, avec sa quarantaine d’habitations, a vu passer un échantillon de 12 véhicules à l’heure lors de notre test. Pendant la même période, la rue Lamontagne, qui compte soixante maisons, aurait accueilli 360 véhicules pour la même période.

Clairement, la rue Lamontagne telle qu’utilisée présentement est beaucoup plus que résidentielle.

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Un accès à l’autoroute

Cette congestion s’explique facilement. Pour de nombreux automobilistes, la rue Lamontagne fait partie d’un trajet naturel, facile et commode.

Beaucoup arrivent de Saint-Colomban, de Mirabel-en-Haut ou du secteur Bellefeuille de Saint-Jérôme, qui sont tous des secteurs en forte croissance. La rue Lamontagne débouche directement sur une bretelle d’accès à l’autoroute 15 qui, en passant par Lamontagne, se trouve à 1,4 km de la rue Saint-Nicolas.

Au croisement de la rue Roland-Godard, les quatre voies de la rue Lamontagne à la sortie de la 15 se réduisent à deux voies résidentielles.

En l’espace d’une nuit cet été, la Ville de Saint-Jérôme a installé des interdictions de virage afin de réduire la circulation sur la rue Lamontagne. Le trajet que Saint-Jérôme privilégie, par le boulevard Roland-Godard, est deux fois plus long, comporte un feu de circulation de plus et une zone scolaire. Sans compter l’état lamentable de la chaussée de la rue Saint-Nicolas. Il n’est pas surprenant que les usagers boudent ce tracé.

Vu que l’intersection est à la frontière de deux villes, Saint-Jérôme avait d’abord installé ses panneaux sur le territoire de Saint-Colomban, sans préavis. Les autorités de Saint-Colomban les ont retirées le jour même. Depuis, Saint-Jérôme a réinstallé de nouveaux panneaux, sur son territoire. Ces nouveaux panneaux ont aussi été enlevés, vraisemblablement, cette fois, par des citoyens désireux de régler eux-mêmes la situation. Ils ont depuis été réinstallés.

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Feu de circulation inutile

D’ailleurs, le secteur n’en est pas à une aberration près. On trouve aussi sur Roland-Godard un jeu de feux de circulation qui est inactif et couvert de toiles protectrices depuis son installation, en même temps que la bretelle d’accès à la 15. Cette intersection était vraisemblablement prévue pour permette de relier le boulevard J.-F.-Kennedy à Roland-Godard, un lien qui n’a jamais été construit.

Quant au sort des accès à la 15 pour tous les résidents du secteur, il sera discuté par les fonctionnaires des villes de Mirabel, Saint-Colomban et Saint-Jérôme avant d’en arriver aux décisions que devront prendre les maires et conseils municipaux. Les recommandations seront connues publiquement à ce moment-là.

Un feu de circulation où on ne s'arrête pas, faute d'intersection qui ouvrirait un accès à l'autoroute 15 Sud sans passer par Lamontagne.
Un feu de circulation où on ne s’arrête pas, faute d’intersection qui ouvrirait un accès à l’autoroute 15 Sud sans passer par Lamontagne.

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