Lieux, Transport

Un détour malcommode à l’angle des rues Lamontagne et Saint-Nicolas

Dans la nuit du 29 au 30 mai, des employés de la Ville de Saint-Jérôme ont installé des affiches interdisant le virage à droite sur la rue Lamontagne pour les véhicules arrivant de l’ouest. Une barricade a aussi été installée bloquant l’accès à la rue Lamontagne en direction de la bretelle d’accès à l’autoroute 15. La Ville de Saint-Colomban n’avait pas été prévenue et certaines affiches interdisant le virage à droite avaient été installées sur son territoire.

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De nombreux automobilistes de la région ont vivement protesté, sur les réseaux sociaux et ailleurs, contre cette entrave à la circulation.

L’accès à la rue Lamontagne vers le sud a été barricadé durant quelques heures.

Le maire de Saint-Colomban Xavier-Antoine Lalande était mécontent de ne pas avoir été averti par Saint-Jérôme. Il a aussi ordonné qu’on enlève l’affichage installé sur le territoire de sa ville. «Si on nous avait avertis, nous aurions pu aviser nos résidents et discuter de moyens pour minimiser les inconvénients», a-t-il dit à TopoLocal.

L’interdiction de virage brise le trajet habituel des automobilistes qui se dirigent vers l’autoroute 15 à partir du secteur des lacs de Saint-Colomban, et du secteur des boisés Mirabel. Pour les gens qui arrivent de Saint-Jérôme par le secteur Bellefeuille, il demeure possible de continuer tout droit sur Lamontagne, une artère qui a été construite pour être une rue collectrice menant directement à la bretelle d’accès à l’autoroute 15.

Sur cette photo tirée de la page Facebook de la Ville de Saint-Colomban, on voit une affiche interdisant le virage à droite à l’angle des rues Saint-Nicolas et Lamontagne. L’affiche a été enlevée depuis.

Autant le secteur des lacs de Saint-Colomban que les boisés Mirabel que le secteur Bellefeuille connaissent une forte croissance depuis quelques années. On comprend donc pourquoi l’intersection connait un achalandage de 8000 véhicules par jour.

TopoLocal a observé la circulation durant une courte période en milieu de journée le mercredi 6 juin. Sur environ 80 véhicules que nous avons observés arrivant de l’ouest par le chemin Saint-Nicolas, trois sur quatre ont fait un virage à droite sur la rue Lamontagne. Il reste une affiche obligeant les camions en transit à continuer tout droit, mais les autos tournaient sans être troublées.

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Le jeudi 7 juin en début de journée, le maire de Saint-Colomban Xavier-Antoine Lalande nous informait qu’il avait eu une conversation avec le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher et qu’il s’attendait à des solutions à court, moyen et long terme à la situation. Il n’a pas précisé quelles solutions lui ont été proposées par Maher.

On se souviendra que le maire avait déjà dit, en réponse à des résidents de la rue Lamontagne venus soumettre leur problème lors d’une assemblée du conseil à Saint-Jérôme, qu’il «mettrait des barricades» si ça ne se réglait pas.

Habiter sur une rue collectrice

Il n’est pas rare de voir des rues collectrices se remplir de résidences privées.

Souvent, les propriétaires qui s’y installent ignorent que leur belle rue, large et d’apparence tranquille, est destinée à devenir une artère majeure. Ils s’habituent à une relative tranquillité, et déchantent le jour où la rue, jadis si commode parce qu’elle est près de tout, est empruntée par de plus en plus d’automobilistes.

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De surcroît, les automobilistes en transit sont de plus en plus pressés. La vitesse, le bruit et la sécurité deviennent alors des enjeux réels pour les résidents.

Dans ce cas l’enjeu était prévisible, quand la bretelle d’entrée et la sortie 41 de l’autoroute 15 ont été aménagées en 2006, ces bretelles étaient un prolongement direct de la rue Lamontagne. On pouvait déjà y voir une future artère principale. Dans le jargon de Transports Québec, on définit ces rues comme étant des collectrices, c’est-à-dire des routes servant à canaliser la circulation vers des routes plus importantes.

Mais justement, le statut de la rue Lamontagne est ambigu. Elle se trouve bel et bien parfaitement bien alignée pour accéder à la sortie 41 de la 15. Mais un résident de la rue a fait valoir à TopoLocal que pour le tronçon entre la rue Marcel et le boulevard Roland-Godard, ce sont les propriétaires riverains qui auraient payé la totalité des coûts des infrastructures. Ceci n’est habituellement pas le cas pour les collectrices.

Maher veut diriger la circulation vers Saint-Nicolas

Stéphane Maher n’avait pas vraiment de raisons pour expliquer que la rue ait été fermée du jour au lendemain. «Ça fait deux ans qu’on en parle», a-t-il offert en guise d’explication.

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Maher a indiqué que le désir de sa ville est bel et bien de limiter l’accès au tronçon de la rue Lamontagne situé entre le chemin Saint-Nicolas et le boulevard Roland-Godard. «On a songé à la fermer, un peu comme on le fait ailleurs, mais après réflexion, en tenant compte des véhicules d’urgence et d’autres besoins, on ne fermera pas, on préfère limiter l’accès», tout en précisant qu’il compte dévier la circulation vers le chemin Saint-Nicolas, qui serait réaménagé et comporterait le nombre de feux de circulation requis pour rendre la circulation fluide.

Dans la situation actuelle, les automobilistes évitent de poursuivre sur la chemin Saint-Nicolas, dont la chaussée est dans un état lamentable. Le maire Maher a reconnu l’état misérable de la chaussée, ajoutant qu’elle a «beaucoup besoin d’amour» mais il croit qu’avec une bonne signalisation, sa solution ne causera pas plus de deux ou trois minutes de détour.

Le maire de Saint-Jérôme a précisé à TopoLocal qu’il recherche une entente, de concert avec les maires de Mirabel et de Saint-Colomban, qui ferait que cet aménagement soit payé par les trois villes à parts égales.

À savoir si la Ville de Saint-Jérôme savait qu’elle installait des panneaux à Saint-Colomban, Maher ne savait pas, comme il a dit ne pas savoir non plus exactement quand la barricade a été installée et à quels travaux elle aurait servi.

Quant à l’existence d’un plan directeur qui aurait identifié dès 2006 la rue Lamontagne comme collectrice,  Maher a mentionné que ce n’était «pas clair. Quand on fait une collectrice d’habitude, on fait de le haute densité, des édifices à logement, et non des maisons individuelles», a-t-il dit.

Charles Michaud
Cofondateur de TopoLocal, Charles Michaud a consacré 35 ans ans de sa vie professionnelle à l'information locale et régionale. On peut lui écrire à cm@topolocal.ca.

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