Élections, Politique

On misera sur une candidature jeune pour un retour libéral à Saint-Jérôme après 25 ans

Les libéraux de la circonscription de Saint-Jérôme ont du pain sur la planche. En poste depuis le 2 décembre dernier, le nouveau président de l’association, Daniel Gagné, le reconnaît sans détour.

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Le parti de Philippe Couillard, qui traîne derrière la Coalition avenir Québec(CAQ) dans les comtés à majorité francophone comme Saint-Jérôme, a obtenu à peine plus de 10% des voix lors de l’élection partielle de décembre 2016 avec Naömie Goyette, qui tentera cette fois sa chance dans Prévost, contre Paul St-Pierre Plamondon du Parti québécois(PQ) et Marguerite Blais, ancienne ministre libérale passée à la CAQ. Mme Goyette avait terminé troisième derrière le PQ et la CAQ.

La circonscription de Saint-Jérôme, née en 2012, n’a jamais eu de député libéral. Le parti n’y a jamais franchi le cap de 20% des voix. Il y a 24 ans, aussi bien dire une génération complète, que la population de Saint-Jérôme n’a pas été représentée par un député libéral. Ce dernier était Paul-André Forget, défait en 1994, à l’époque où le circonscription s’appelait Prévost.

Devenir plus inclusifs…

Ce que plusieurs voient encore comme un château-fort du PQ, ce «vieux Saint-Jérôme», à dominance ouvrière, syndicale, et maintes fois péquiste, Daniel Gagné n’y croit pas.

Il souhaite que les libéraux se renouvellent et y prennent place. Son désir est de rallier ceux qui sont encore, aux yeux de certains, des «nouveaux jérômiens» ainsi que des citoyens plus jeunes. C’est d’ailleurs à peu près certain: sauf imprévu, l’Association libérale de Saint-Jérôme présentera un jeune candidat. La personnes pressentie par l’exécutif, que le président se garde bien de nommer, serait déjà identifiée. Le président parle de tenir une assemblée d’investiture «d’ici un mois».

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Qu’est-ce que ça prend pour être jérômien?

À Saint-Jérôme comme ailleurs, il y a un noyau de personnes et de familles dont les racines sont très profondes. Ils y habitent depuis plusieurs générations. Mi-blagueur, Daniel Gagné se demande parfois, comme d’autres, combien ça prend de temps pour devenir un gars de Saint-Jérôme…

Le grand Saint-Jérôme s’est pourtant transformé. De nombreux résidents se sont ajoutés, non seulement sur le territoire de la ville proprement dite, mais dans les villes voisines. Ni eux ni leurs parents ne sont nécessairement natifs de la région, mais ils paient des taxes, utilisent les services publics, consomment dans la région et ils veulent participer à la collectivité.

Lui-même résident de Saint-Jérôme depuis 17 ans, Daniel Gagné incarne un peu ces gens-là. Avocat dans un grand cabinet montréalais, il a fait partie des nombreux jérômiens qui entrent et sortent de la métropole tous les jours et qui vivent les problèmes de transport qui alimentent le débat public. Ce sont eux qui résident dans les milliers de maisons qu’on trouve dans les secteurs Bellefeuille, Lafontaine et Saint-Antoine, ainsi qu’à Mirabel, Saint-Colomban, Sainte-Sophie et Prévost.

Chose certaine, le nouveau président de l’Association libérale de la circonscription de Saint-Jérôme s’engage résolument dans le pari du changement, du recrutement, et de l’inclusion.

Services locaux

Une équipe

Outre son nouveau président Daniel Gagné, l’association libérale se compose de militants de longue date et de nouveaux visages. On y retrouve notamment Yvon Robert, vice-président, retraité du milieu scolaire et actif à plusieurs niveaux dans la communauté, la vice-présidente finances Ginette Bergeron, la secrétaire Claudette Dumesnil, Michaël Njong, qui fut candidat indépendant aux dernières élections municipales à Saint-Jérôme, Antoine Poulain, responsable de la jeunesse, Claude Charbonneau, Normand Boivin, de même que Fadi Amine, un avocat qui est secrétaire général du Parti libéral du Québec et qui agira comme agent officiel dans la circonscription de Saint-Jérôme.

Michaël Njong, alors qu’il était candidat dans le district numéro 11 aux élections municipales de 2017 à Saint-Jérôme.

Les transports au coeur des enjeux

Les libéraux affirment que le transport est le principal enjeu pour le développement de Saint-Jérôme et sa région.

La congestion routière, vécue au quotidien par des milliers d’automobilistes, a des impacts économiques négatifs en plus de diminuer la qualité des vie des citoyens et de nuire à l’environnement. Pour ajouter au train de banlieue existant, les libéraux de la région appuient l’Association libérale de Mirabel, qui voudrait voir le REM, le nouveau train de la métropole, prolongé jusqu’à Mirabel.

Ils font valoir que le corridor requis, un tracé de 15 km entre Deux-Montagnes et l’aéroport, appartient déjà au ministère des Transports, ce qui réduirait beaucoup les coûts d’expropriation afin que le REM ait un terminus à Mirabel. Les libéraux souhaiteraient la construction d’une gare intermodale et d’un vaste stationnement incitatif à l’intersection de la 15 et de la 50. Après quoi Québec s’engagerait à financer un lien rapide entre Saint-Jérôme et cette nouvelle gare.

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Ils sont aussi d’avis que pour décongestionner à la fois la 15 et la 13, il faut compléter les autoroutes 13 et 50, des liens routiers prévus depuis l’ouverture de l’aéroport de Mirabel.

D’autres enjeux importants, notamment la santé et l’éducation, seront abordés dans les semaines à venir.

Marc Bourcier: le problème, c’est le parti

Les libéraux de Saint-Jérôme comprennent très bien la popularité du député actuel Marc Bourcier. «Un homme qui est très apprécié», dit M. Gagné, mais dont le parti, à son avis tient toujours le même discours. «Avec le PQ et son état fort, c’est toujours plus de bureaucratie, plus de technocratie», une façon trop lourde de diriger le Québec, selon lui.

Guère mieux, selon lui, la candidature de Youri Chassin, de la CAQ. Un économiste de droite qui selon eux remettrait tout entre les mains des entreprises privées.

Mais tout cela viendra dans les semaines qui suivent. On sent déjà les lignes de la prochaine campagne électorale bien tracées.

Charles Michaud
Cofondateur de TopoLocal, Charles Michaud a consacré 35 ans ans de sa vie professionnelle à l'information locale et régionale. On peut lui écrire à cm@topolocal.ca.

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