Le barrage de Saint-Jérôme sur la rivière du Nord servira-t-il un de ces jours?

Le barrage de Saint-Jérôme sur la rivière du Nord servira-t-il un de ces jours?
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Quelques citoyens ont observé le 1er septembre des ouvriers qui s'affairaient à nettoyer des débris dans la rivière du Nord, notamment beaucoup de troncs d'arbres et des branches, accumulés en amont du vieux barrage de la Dominion Rubber. Cela même si tous les évacuateurs du barrage sont ouverts. Malgré le passage de l'eau, il s'accumule toutes sortes de débris et les travailleurs profitaient de la décrue des eaux pour faire le travail.

Ce ménage du printemps est effectué par la Direction générale des barrages d'Environnement Québec, à la demande du ministère du Revenu, qui est en quelque sorte le gardien du barrage depuis que la compagnie qui le possédait a été dissoute.

Un homme y est mort prisonnier du courant en juin 2017 alors qu'il avait tenté de sauter le barrage en kayak alors que des amis avaient choisi un autre chemin.

Un barrage sans nom qui n'appartient à personne

Le barrage n'appartient à personne. Selon le rôle d'évaluation de la Ville de Saint-Jérôme, il est la propriété de la compagnie Mini-centrales de l'est, mais cette compagnie est dissoute. C'est Revenu Québec qui l'administre en vertu de la loi sur les biens non réclamés. La Ville de Saint-Jérôme a plusieurs fois été pressentie pour l'acheter, mais souhaiterait sans doute obtenir une aide financière d'autres paliers de gouvernement pour transformer les lieux.

L'ex-maire Stéphane Maher, qui ne ratait jamais une occasion de semer à tout vent des projets, avait bel et bien évoqué, en 2018, la possibilité d'y installer des jardins urbains, une passerelle cyclable, des accès favorisant la pêche et même une tour d'observation, mais le lieu est inchangé depuis bientôt deux décennies. Depuis 2014, la Ville de Saint-Jérôme faisait des pressions pour que soient résiliés les contrats avec Mini-centrales de l'est inc.

Le barrage qui servait autrefois à faire fonctionner l'usine aurait toujours le potentiel d'alimenter une centaine de maisons en électricité.

Par ailleurs, même si les citoyens l'appellent, selon leur âge, le « barrage de la Dominion » ou le « barrage d'Uniroyal », la structure ne porte pas de nom officiel. Il est simplement désigné « barrage de Saint-Jérôme » dans le répertoire des barrages d'Environnement Québec, qui nous apprend par ailleurs qu'il a été construit en 1919, rénové en 1964, et qu'il n'y a aucune inspection formelle de sécurité récente au dossier.

Il a appartenu tour à tour à la Boston Rubber, à la Dominion Rubber, à la compagnie Uniroyal et à d'autres pour ensuite faire l'objet d'un projet de mini-centrale électrique de la compagnie Mini-centrales de l'est, un projet qui ne se concrétisera vraisemblablement pas.

La passerelle qui surplombe le barrage n'est plus accessible

Le barrage a bel et bien un potentiel hydroélectrique pour alimenter environ une centaine de résidences, mais le projet de centrale, qui a par ailleurs été freiné par un incendie, n'a jamais abouti. Aujourd'hui, le vieux barrage est toujours là. Même si ses vannes sont maintenant ouvertes en permanence, le potentiel sera toujours là si le marché de l'énergie se transformait.

La passerelle qui surplombe l'ouvrage ferait un superbe passage cycliste entre l'est et l'ouest de la ville, mais elle est barricadée à des fins de sécurité, et ne serait accessible présentement que par des terrains privés.

L'avenir de l'ancien site de l'usine

Avec les mesures gouvernementales qui visent à freiner l'étalement urbain pour plutôt favoriser la construction dans des zones déjà desservies par des services municipaux, le site de l'ancienne usine, qui s'étend sur un demi-million de pieds carrés, demeure l'un des plus importants sites qui permettraient à Saint-Jérôme d'accueillir des nouveaux résidents sans étendre ses réseaux de services publics.

Le terrain loge présentement les installations du groupe Gym-X ainsi que des entrepôts, aménagés à même les bâtiments restants de la vieille usine. Il appartient à une entreprise contrôlée par l'homme d'affaires Mario Leclair. Ce dernier affirme qu'il a toujours des projets en vue mais seulement à moyen et long terme.

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