Dr Jean-Paul Thibault: Ultimes confidences d'un pionnier de l'hôpital
Décédé le 20 mars dernier à l’âge de 95 ans, le docteur Jean-Paul Thibault fut l’un des pionniers de l’hôpital de Saint-Jérôme, dont il fut le second chirurgien en 1952 et où il pratiqua jusqu’à sa retraite.
La Société d’histoire de la Rivière-du-Nord a eu la chance de l’interviewer à peine un mois avant son décès. Ce document vidéo de près d’une heure se révèle une précieuse source d’information au sujet des origines de l’hôpital, mais aussi de la façon dont s’exerçait la médecine au Québec, dans les années 50 et 60.

Toujours très alerte malgré son âge avancé, le docteur Thibault y évoque d’abord sa jeunesse à Nicolet, où son père était cultivateur, puis sa longue formation en médecine et en chirurgie, qui l’a mené à l’Université Laval ainsi qu’à Philadelphie.

Arrivé à Saint-Jérôme à peine deux ans après l’ouverture de l’hôpital fondé par sa tante, soeur Marie-Berthe Thibault des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, il était au moment de son décès l’un des derniers survivants de la première cohorte de médecins de l’établissement.


Le docteur Thibault se remémore l’époque où les services de santé profitaient de la générosité des communautés religieuses et où la Loi de l’assistance publique était le seul recours des personnes indigentes pour obtenir des soins.

Une époque également où la médecine était avant tout une vocation, jusqu’à ce que l’entrée en vigueur de l’assurance-maladie, en 1970, viennent complètement transformer le rôle des médecins. Une «professionnalisation» que le chirurgien jérômien admettait avoir toujours mal digéré…
Tout en reconnaissant l’évolution extraordinaire de la médecine, le docteur Thibault déplorait que celle-ci se soit effectuée au détriment d’une certaine éthique et d’une pratique plus humaine.