S'il devient maire de Saint-Jérôme, Marc Bourcier promet de diminuer son salaire et de partager le pouvoir avec les 12 élus du conseil

S'il devient maire de Saint-Jérôme, Marc Bourcier promet de diminuer son salaire et de partager le pouvoir avec les 12 élus du conseil
marc-bourcier-soccerplex

Si Marc Bourcier est élu maire de Saint-Jérôme, il va diminuer de 23 000$ le salaire annuel du maire et le geler pour quatre ans. La première année, il compte proposer aussi aux conseillers municipaux de geler leurs salaires. Une façon pour les élus, dit-il,  de  « donner l’exemple en ces temps difficiles ».

Il s’engage aussi à répartir la responsabilité des douze commissions du conseil également entre les 12 conseillers élus, peu importe qu’ils fassent partie ou non de son nouveau parti.

Ce nouveau parti, Avenir Saint-Jérôme, existera pour mettre au point un programme et mettre des idées sur la place publique le temps de la campagne électorale, mais il sera mis en veilleuse par la suite.

« Une fois l’élection passée, il n’y aura plus de parti politique à proprement parler. Il n’y aura au conseil de ville que des femmes et des hommes libres de penser, libres de parler, et ce, même si c’est pour signifier leur désaccord. »

« Fini les games politiques, fini les jeux de coulisse, fini les power trip », a-t-il déclaré.

Une nouvelle culture politique axée sur l’avenir

Saint-Jérôme a besoin d’une nouvelle culture politique, dit Marc Bourcier, et il propose de remettre en valeur le rôle du conseil municipal en définissant mieux le partage du pouvoir. Il a même ajouté qu’il y a peu de chances qu’il sollicite un deuxième mandat, indiquant qu’il espère que la relève se manifestera.

Bourcier s’est d’ailleurs engagé totalement, ou presque, à ne solliciter qu’un seul mandat. « Les chances que je me présente à nouveau après 4 ans sont de 1 ou 2 pourcent, a-t-il mentionné. Ce que je souhaite, c’est bâtir pour l’avenir! Il y a de la relève. »

Marc Bourcier a cité en exemple le parti Mouvement Jérômien, formé par des jeunes et officiellement reconnu par Élections Québec, en disant que c’est souhaitable qu’il y ait de la relève.

Enfin, invité à réfléchir à ce qu’il fera s’il est élu avec une minorité de membres de son parti, ou même avec quelques conseillers qui ne partagent pas son programme, il a dit: « Ce sera à moi de faire valoir mon point de vue d’une manière démocratique et non pas de l’imposer. »

Le salaire du maire ramené à la moyenne

« En baissant le salaire du maire, nous ramenons sa rémunération à ce qu’elle devrait vraiment être si on la compare à ce qui se fait dans d’autres villes de taille similaire. »

De même, il s’engage à ce que chaque conseiller municipal, peu importe le parti qu’il représente, ait la responsabilité de l’une des commissions du conseil. « Il en sera de même pour le rôle de maire suppléant, qui sera confié à tous les conseillers tour à tour », ajoute-t-il.  Un engagement qui ferait en sorte que les conseillers n’auraient pas à craindre des pénalités financières s’ils sont en désaccord avec la mairie.

Les 23 000$ retranchés du salaire du maire seraient alors ajoutés aux montants que la ville verse déjà aux organismes communautaires. « À défaut de régler les nombreux problèmes de tous nos valeureux organismes jérômiens, ce montant d’argent sera néanmoins fort bienvenu, j’en suis persuadé. »

Décidé à « faire parler de Saint-Jérôme pour les bonnes raisons »

Cette annonce était attendue depuis longtemps. Mais Bourcier a quand même affirmé que sa décision découle d’une longue réflexion. Il a ajouté que sa famille a meublé beaucoup de son temps dans les 12 derniers mois, ce qui a retardé sa décision de se lancer dans la course à la mairie.

« Comme tous les citoyens jérômiens, je n’ai vraiment pas aimé ce que j’ai vu et entendu au cours des dernières années. Et il est plus que temps que l’on parle de Saint-Jérôme pour les bonnes raisons. Aussi, si j’ai accepté d’être chef d’un parti, c’est parce que j’ai la ferme conviction de pouvoir changer les choses, de pouvoir changer la façon de penser, de pouvoir changer les façons de faire. Tous ensemble, il nous faut doter l’hôtel de ville d’une nouvelle culture politique. »

« Dans tout mon parcours politique je n’ai jamais proféré d’attaques personnelles sur la place publique et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. J’ai tenu cet engagement en 2013, en 2016 et 2018. »

« Que diraient mes anciens élèves et tous ceux qui me connaissent si je commençais à traiter de toutes sortes de noms ceux qui ne sont pas d’accord avec moi? La population est tannée des insultes à la Donald Trump et désire une saine et franche discussion sur la place publique. »

« Cela signifie qu’à compter du 7 novembre prochain, rassembler, échanger, discuter librement (de même qu’avec nos partenaires, les maires des villes voisines) sera la manière de faire à Saint-Jérôme. Ce sera le début des réparations et du changement de culture politique. »

Le rôle accru des élus: « c’est leur devoir! »

« On va y arriver parce que comme jamais auparavant, nous respecterons au départ les choix de la population en revalorisant le rôle du conseiller municipal qu’elle aura désigné pour la représenter. Tous les conseillers et conseillères seront traités également, peu importe leur allégeance politique. C’est ça qu’on propose à la population qui est tannée des chicanes stériles. »

« Avec notre proposition, les élus retrouvent leur rôle: représenter efficacement et dignement les gens de son quartier et participera activement à la vie démocratique de Saint-Jérôme. C’est leur devoir! »

Un programme et des candidats à venir

Même si de nombreuses rumeurs associent certains élus actuels et d’autres à la formation de Marc Bourcier, il n’a pas voulu aborder la composition de son équipe, ni les détails d’un programme électoral qu’on devine encore en gestation.

« Nous le dévoilerons à la population au fil des semaines à venir de même que l’identité de nos futurs candidats et candidates, des personnes qui favoriseront le travail d’équipe, le vouloir ensemble et le bien commun, des principes auxquels j’ai adhéré pendant toute ma vie. »

« Il n’y a personne encore sur les rangs qu’on peut annoncer officiellement », a dit Bourcier, qui se dit néanmoins ouvert à toutes les personnes qui adhèrent à la philosophie et aux grands objectifs que le parti Avenir Saint-Jérôme s’est donné.

« Faire avec » le projet de complexe sportif

On sait que Bourcier a fait deux sorties publiques au cours des 15 derniers mois pour déplorer le projet de complexe sportif de l’administration Maher, qu’il jugeait mal préparé et probablement trop grand pour répondre aux besoins réels des citoyens.

Cependant, le projet est déjà très avancé. L’appel d’offres est terminé et le contrat a été attribué.  Marc Bourcier convient qu’il est trop tard pour revoir le projet, une option qui serait très coûteuse. « On va faire avec, a-t-il dit, mais je maintiens qu’il n’y a pas de plan d’affaires, pas d’étude de faisabilité pour ce projet-là. »

Il reste que Bourcier continue de croire que le projet aurait dû être moins coûteux. « C’est comme si on a besoin d’un garage simple et qu’on se construit un entrepôt. On va chercher des moyens de le remplir, et des moyens de l’utiliser. Les démarches sont rendues trop loin pour revenir en arrière. »

Read more