La solidarité est-elle assez sexy?

Ouvert depuis quatre mois, le Marché de solidarité Rivière du Nord est en campagne de recrutement.
Marche de solidarite Riviere du Nord

Bien des gens sont soucieux d’acheter local, de consommer des produits santé, et de se procurer des produits équitables. Mais la coopérative qui tente de favoriser cette pratique à Saint-Jérôme peine à gagner assez de membres pour assurer sa vitalité.

Le Marché de solidarité Rivière du Nord n’est pas une secte. Il a été fondé par une majorité de personnes qui oeuvrent dans le milieu communautaire, mais le Marché vise le grand public. Son but est de regrouper des personnes désireuses de consommer de façon plus responsable.

Le défi de les recruter et de les amener à changer leurs habitudes d’achat demeure énorme. À son quatrième mois d’activité, dans une région qui compte 115 000 habitants, le Marché totalise autour de 175 membres, un total qui, franchement, déçoit le président de la Coop, Samuel Lalonde.

Pourtant, le Marché de solidarité a fait ses devoirs. Il a même été le projet gagnant dans la région des Laurentides au Concours québécois en entrepreneuriat. Il s’est donné la mission de rendre les produits régionaux accessibles en créant un lien entre les consommateurs et les producteurs. Un lien qui se fait par internet, de la façon la moins coûteuse possible.

La ferme Les Fardoches, de Mirabel, offre aux membres du marché ses produits de l'érable et autres produits sucrés biologiques.
La ferme Les Fardoches, de Mirabel, offre aux membres du Marché ses produits de l'érable et autres produits sucrés biologiques.

Commande en ligne, cueillette le jeudi

Le fonctionnement est simple. Les membres ont accès au site et peuvent y placer des commandes. Tout ce que les membres commandent le lundi avant 23h59 sera disponible au comptoir le jeudi entre 15h et 20h, au local du Marché, situé au 345 rue du Palais à Saint-Jérôme.

Les produits offerts par les producteurs locaux et par les distributeurs de produits équitables incluent du café, des produits de boulangerie, de la charcuterie, des oeufs et fromages, des viandes, des fruits et légumes, des confitures, miels et autres préparations artisanales, en plus d’une sélection de mets préparés. Tous les détails sur l’adhésion ainsi que les produits sont disponibles au msrdn.com.

Besoin de 350 membres

«Notre groupe compte présentement 175 membres, dit le président de la coop, Samuel Lalonde. Nous sommes dans une situation précaire et nous avons besoin d’atteindre au moins 350 membres le plus tôt possible pour assurer un minimum viable d’achats».

«Nous venons d’organiser une Fête des récoltes (le 6 novembre) où les gens étaient invités à rencontrer nos producteurs locaux et l’événement nous a valu un bon nombre de nouveaux adhérents. Nous recommençons le 11 décembre avec un autre événement et la vente de sacs-cadeaux pour Noël. Nous ne pouvons pas nous fier uniquement sur le bouche-à-oreille pour assurer notre croissance: il nous faut trouver un moyen de communiquer notre message à plus de gens», a dit le président, invitant du même coup tous les intéressés à se joindre à l’organisme.

Le Marché de Solidarité lance d'ailleurs ces jours-ci une vaste campagne de recrutement sous la présidence d'honneur du conseiller municipal jérômien André Marion.

Le député Pierre Dionne Labelle était présent lors de la Fête des Récoltes du 6 novembre, avec les organisatrices Manon Lefebvre et Chantal Mougenot, la conseillère municipale Stéphanie Viens-Proulx et le président de la coopérative, Samuel Lalonde.
Le député Pierre Dionne Labelle était présent lors de la Fête des Récoltes du 6 novembre, avec les organisatrices Manon Lefebvre et Chantal Mougenot, la conseillère municipale Stéphanie Viens-Proulx et le président de la coopérative, Samuel Lalonde.

Pas une affaire de granolas

Rappelant le livre Acheter, c'est voter de la québécoise Laure Waridel, co-fondatrice d’Équiterre, Samuel Lalonde ajoute que ce n’est pas «une affaire de granolas» mais une simple question de gros bon sens que de poser des gestes pour consommer plus intelligemment. «Notre coopérative est une entreprise! On ne veut pas de dons, on veut simplement fournir aux gens l’occasion, à chaque fois qu’ils dépensent de l’argent, de favoriser les aliments sains, achetés à proximité de chez eux, qui créent des retombées chez eux.»

«Si on ne s’en occupe pas, on laisse les grandes chaînes transporter les marchandises d’un bout à l’autre du Québec en plaçant le profit devant l’empreinte écologique, la mise en marché devant la fraîcheur, et la profitabilité devant le gros bon sens. Chaque achat que l’on fait est un geste politique. C’est tellement simple de choisir de créer les emplois chez nous, et d’encourager la production naturelle et équitable, dit-il, mais encore faut-il que les gens fassent le premier pas. Nous sommes là pour dire que ce premier pas est disponible, facile à faire, et même agréable quand on découvre tout ce qu’offrent les producteurs de chez nous.»

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