Et si les vidanges ne passaient plus?
Vous allez dire que c’est une idée de fou. Et pourtant, toutes ces choses que vous jetez, vous êtes bel et bien allés les chercher sans même y penser deux fois...
Je crois aux solutions radicales.
La raison est bien simple: seules les solutions radicales nous contraignent à vraiment remettre en question nos habitudes, et permettent d’espérer de réels changements.
Ce n’est pas un virage politique que je prends par hasard, ni par nostalgie de ma jeunesse poing-en-l’air-solidarité. ( J’assume: je suis un boomer.)
Suivez mon raisonnement.
Premier constat: notre mode de vie n’est pas soutenable. Nous consommons trop d’énergie non-renouvellable, nous gaspillons trop de ressources, et nous nuisons à l’avenir de nos enfants.
Deuxième constat: la politique et l’économie n’offrent pas de solutions.
Troisième constat: l’histoire de l’humanité nous enseigne que notre espèce est capable de prodiges, mais que malheureusement nous avons tendance à agir trop tard.
Vous comprendrez que ma conclusion est toute simple. Si on veut agir, il faut aller plus vite. Même risquer d’agir trop vite. Il ne faut pas écouter les politiciens et les économistes, qui sont des grands maîtres du statu quo. Et surtout, il faut reconnaître que c’est bien nous et notre mode de vie qui sont en cause, pas les autres.
C’est donc nous qui devons changer.
Commençons par quelque chose de simple et d’universel: les déchets.
J’ai le regret de vous informer que vous n’assumez pas vos responsabilités en matière de déchets. Je sais que vous payez des taxes. Vos taxes municipales paient pour l’enlèvement des ordures. Vos impôts sont utilisés, en partie, par le gouvernement du Québec, pour réglementer et surveiller le tout. Nous payons tous, mais les déchets s'accumulent. Et nos gouvernements ont démontré clairement que mettre plus d'argent dans le système ne règle rien.
Hélas, pour reprendre le populaire refrain de Jonathan Drouin, ça marche pas…
Au début de cette année, le ministre de l’environnement Benoit Charette a annoncé qu’il veut réduire de moitié la quantité de déchets qui sont enfouis au Québec. Hélas, je crois qu’il n’y arrivera pas. Aux dernières nouvelles, il n’était même pas prêt à s’engager à réduire de moitié le tonnage de déchets qu’il sera permis d’enfouir à Sainte-Sophie!
L’un des problèmes, c’est que plus de la moitié de ce que l’on enfouit, c’est de la matière organique. En fait, c’est 60%. Concrètement, ça veut dire que les comportements des humains que nous sommes ne changent pas, malgré toutes les belles campagnes de sensibilisation et les beaux petits bacs bruns, bleus, verts et autres.
Pire encore, il se dépense une fortune pour transporter des déchets et les cueillir à domicile. Allez faire un tour sur la route 158, entre Sainte-Sophie et l'autoroute 15.
Un avenir radicalement différent
Pour ma part, je souhaite qu’un jour, bientôt, il n’y ait plus de cueillette à domicile, sauf pour les encombrants et les «vrais» déchets, qui deviendraient des services facturés à l’utilisation. Pour inciter les gens à s’en défaire convenablement, les écocentres pourraient peut-être accepter ces matières gratuitement, ou à bas prix.
Quant aux déchets organiques et aux recyclables, pourquoi pas un dépôt où les citoyens devraient se rendre eux-mêmes porter leurs choses? On pourrait certainement en installer plusieurs, à proximité raisonnable des habitations. Pas plus loin que le dépanneur, le magasin ou le supermarché où les gens sont allés acheter les déchets en devenir! Ne me dites surtout pas que vous vous ennuieriez de voir des camions à déchets.
Déjà on voit des municipalités qui envisagent de peser les vidanges par logement, pour que chacun assume sa part de responsabilité. Alors pourquoi pas laisser à chacun l’entière responsabilité.
Inévitablement, on assisterait alors à une vague sans précédent de réduction de déchets... à la source. Parce que «domper» ses problèmes sur le trottoir, c’est tout simplement trop facile.