Élus et gens d’affaires dénoncent la reconstruction d'une maison de transition au centre-ville de Saint-Jérôme

Élus et gens d’affaires dénoncent la reconstruction d'une maison de transition au centre-ville de Saint-Jérôme
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Bien qu'il l'aît abandonné depuis quatre ans, le gouvernement fédéral aurait l'intention de démolir et reconstruire un édifice logeant une maison de transition à l'entrée du cente-ville de Saint-Jérôme. L'ensemble des élus de la région ne sont pas d'accord.

Ils estiment plutôt que c'est une très mauvaise idée et prient le ministre de la Sécurité publique Marco Mendicino de renverser la décision. Le site de l’immeuble Taillon est stratégique, disent-ils, et Saint-Jérôme s’engage d’ailleurs à le revaloriser et à conserver son caractère public. La Ville voudrait plutôt y aménager un édifice à vocation culturelle et affirme qu'un centre correctionnel nuirait au caractètre attractif du centre-ville. Par ailleurs le maire Marc Bourcier a déjà fait, il y a plusieurs semaines, des démarches pour l'acquérir ou obtenir qu'Ottawa cède le batiment à la Ville. Il s'est rendu rencontrer le ministre Mendicino en octobre dernier. TopoLocal a appris que la Ville a alors proposé au moins quatre autres emplacements en échange pour aménager la maison de transition. Une rencontre a ensuite eu lieu entre les fonctionnaires de Saint-Jérôme et ceux de Services Correctionnels Canada.

À l'entrée sud du centre-ville de Saint-Jérôme, là où fourchent les rues Labelle et St-Georges, cet édifice en forme de pointe a longtemps été une porte d'entrée plus ou moins officielle de la Ville. Le bâtiment est aussi souvent appelé « Édifice Taillon, »  du nom de la famille qui y a exploité une quincaillerie durant plusieurs années.  Le centre correctionnel communautaire (CCC) Laferrière, situé à Saint-Jérôme, dans l’immeuble Taillon, à l’entrée sud du centre-ville de la capitale régionale des Laurentides, a été laissé vacant et à l’abandon depuis plus de quatre ans par le gouvernement fédéral.  Sa seule intervention a été de masquer l'extérieur du bâtiment au printemps 2022 quand la laideur des lieux a été décriée par le Ville.

L'ancien édifice Taillon et son emplacement stratégique marquent l'entrée sud du centre-ville de Saint-Jérôme.
L'ancien édifice Taillon, à l'entrée du centre-ville de Saint-Jérôme en juin 2022.
Le magasin Léopold-Charlemagne (L.C.) Taillon, en 1945. Photo fournie par Histoire et Archives Laurentides

Le maire de Saint-Jérôme Marc Bourcier, avec le préfet de la MRC Rivière-du-Nord Xavier‑Antoine Lalande, le député de Rivière-du-Nord Rhéal Fortin et le président de la Chambre de commerce et d’industrie Saint-Jérôme Métropolitain (CCISJM) John Tittel, ont dénoncé ensemble la décision des autorités fédérales de reconstruire sans mesurer l’acceptabilité sociale du projet ni se saisir des autres possibilités offertes par Saint-Jérôme. Le député de Saint-Jérôme Youri Chassin, absent lors d'un point de presse tenu sur place le lundi 9 mai, s'est également dit solidaire de leur position.

Des espaces de transition disponibles

Parmi les observateurs intéressés se trouvait également Raymond Cotonnec, directeur général du CRC Curé-Labelle, une maison de réinsertion sociale qui est aussi installée à Saint-Jérôme. Il a fait remarquer que les places ne manquent pas. Le CRC Curé-Labelle a une capacité d'accueil de 44 personnes, et a presque toujours des places disponibles. À titre d'exemple, le CRC Curé-Labelle accueillait 27 résidents en date du 9 mai.  Situé à Saint-Jérôme mais hors du centre-ville, la maison occupe depuis 2016 un bâtiment neuf, construit en fonction des besoins de ses résidents et employés.

Marc Bourcier à l'intersection des rues Labelle et St-Georges, site de « l'Édifice Taillon ».

« Insensé et à l'encontre de notre plan »

« Imaginez la scène : notre centre-ville, que l’on veut attractif, offrira comme porte d’entrée un centre correctionnel! C’est insensé et cela va manifestement à l’encontre de notre plan de développement. Si la direction du centre correctionnel continue de s’entêter à vouloir maintenir les activités du centre à cet endroit, nous exigerons de sa part qu’elle procède d’abord à une étude d’acceptabilité sociale. Les dirigeants pourront ainsi constater que leur décision n’est pas adaptée à la réalité d’aujourd’hui. Nous ne sommes plus dans les années 70 : le site est maintenant à deux pas du campus de Saint-Jérôme de l’UQO, qui est fréquenté par quelque 2 500 étudiants, en plus de représenter la porte d’entrée d’un centre-ville en pleine revitalisation, notre fierté. C’est de l’avenir de Saint-Jérôme dont il est question. » a affirmé Marc Bourcier. Il a ajouté qu'en respectant la volonté locale, Services correctionnels Canada aura « toute la collaboration » des élus locaux pour réaliser le projet « vite et bien ».

Xavier-Antoine Lalande

« Irrespectueux »

Mentionnant  que la Ville de Saint-Jérôme fait de nombreux efforts pour se doter d’un centre-ville digne d’une capitale régionale, le préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord, Xavier-Antoine Lalande estime que le miniistre doit écouter les voix de la région. « Les élus de la MRC sont mobilisés autour de ces grands projets. Il serait totalement inacceptable, incompréhensible et irrespectueux envers notre communauté de ne pas tenir compte de notre vision régionale et de la volonté unanime du milieu », a-t-il dit.

Rhéal Fortin

« Rien ne justifie ce refus obstiné »

« Le gouvernement fédéral manque à ses obligations en laissant cet immeuble, situé à l’entrée principale du centre-ville de Saint-Jérôme, dans un tel état de délabrement et depuis autant d’années. Le maire de Saint-Jérôme et moi-même avons rencontré l’automne dernier le ministre et celui-ci a fait preuve d’ouverture et a offert toute sa collaboration. Il n’y a donc rien qui justifie le refus obstiné de l’Administration pour ne pas saisir l’une des alternatives offertes par les autorités municipales. Nous proposons une entente bonne pour Ottawa et bonne pour les gens de Rivière-du-Nord », insiste le député de Rivière-du-Nord, Rhéal Éloi Fortin.

John Tittel

« Le gouvernement doit écouter la communauté »

« La communauté jérômienne constate la nécessité de déplacer les activités du centre correctionnel communautaire, qui ne cadrent plus avec la vision sur laquelle tous les élus et partenaires travaillent. Nous faisons d’importants efforts pour revitaliser notre centre-ville. Le gouvernement fédéral a l’obligation d’entendre le message des élus et de la communauté de Saint-Jérôme. Comme le dit le maire, s’obstiner serait une grave erreur tant pour les citoyens et les gens d’affaires que pour la clientèle du centre correctionnel », a ajouté le président de la CCISJM, John Tittel.

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