Cours de plongée sous-marine au CSTJ pour un étudiant en fauteuil roulant

Tommy St-Onge, un jeune homme en fauteuil roulant qui étudie au Cégep de Saint-Jérôme, souhaitait faire de la plongée sous-marine. Grâce à l’aide de son enseignant d’éducation physique Olivier Morin-Gauthier, du Service d’aide à l’intégration des étudiants (SAIDE) et d’un généreux bénévole, Philippe Cossette, son rêve est devenu réalité.
« Au premier cours, Tommy s’est présenté à la piscine. Quand je l’ai vu, sans pieds ni mollets, ça s’est mis à travailler fort dans ma tête : je me suis demandé comment je pourrais adapter mon cours à ses besoins », explique d’entrée de jeu, M. Morin-Gauthier.
Lors de cette rencontre, l’enseignant a soumis Tommy aux mêmes exercices de sélection que les autres étudiants. Pour se qualifier, il devait effectuer 200 mètres de natation et 10 minutes de nage sur place, ce qu’il a réussi à faire.
« C’est un jeune homme très, très courageux et qui ne se laisse pas arrêter. Il voulait absolument faire le cours.
« Après la séance, je suis allé le rencontrer et je lui ai dit que j’allais tout faire pour m’adapter à sa réalité, mais que je devais d’abord et avant tout m’assurer de le faire de manière sécuritaire. Il ne faut pas oublier que j’ai d’autres étudiants à surveiller – dont certains qui sont moins à l’aise dans l’eau – et Tommy qui s’essouffle plus rapidement, parce qu’il ne peut pas se reposer en posant un pied par terre », fait valoir l’enseignant.
Le CSTJ et un bénévole se mobilisent

M. Morin-Gauthier a alors contacté le SAIDE qui a embauché un maître-plongeur supplémentaire pour accompagner Tommy dans ses apprentissages. L’enseignant a aussi pu compter sur l’aide d’un bénévole, Philippe Cossette. Ce dernier a constaté que Tommy ne pourrait pas parvenir à faire son cours sans palmes adaptées. Il a donc décidé de lui en fabriquer. Une attention qui a particulièrement touché le principal intéressé.
« Philippe a entrepris le projet : il a pris rendez-vous avec Tommy, a fait des recherches, a moulé ses membres avec du plâtre pour réaliser une empreinte, a magasiné des matériaux et a finalement procédé à la conception des palmes. Plusieurs prototypes ont dû être réalisés avant d’en arriver à un modèle répondant aux besoins de Tommy », précise M. Morin-Gauthier.
« C’est vraiment cool et généreux de sa part. Je ne m’attendais pas à ça. Je le considère comme un ami », témoigne Tommy.
Mentionnons que la production des palmes a été financée en partie par le SAIDE ainsi que par M. Cossette. Ce dernier a également acheté une combinaison de plongée (wet suit) qu’il compte adapter spécialement pour Tommy.
Pas de passe-droits pour Tommy
Pour obtenir sa certification « Open Water Diver » PADI, un plongeur doit maîtriser 47 habiletés motrices. Or, le cours de plongée sous-marine offert par le Cégep de Saint-Jérôme vise justement à préparer les étudiants à l’obtention de cette attestation. Tommy a donc dû se soumettre aux mêmes exigences que ses collègues.
« Les 47 habiletés motrices que l’on doit développer représentent autant de situations qui peuvent se produire lorsqu’on fait de la plongée sous-marine. Comme c’est un sport souvent considéré comme étant « dangereux », il doit être prêt à faire face à tous les scénarios possibles. Tommy était hyper à l’aise avec ce défi-là », soutient M. Morin-Gauthier.
Pour ce faire, l’étudiant a notamment dû apprendre à palmer avec ses mains, à avoir une meilleure gestion de sa flottabilité, à effectuer sa mise à l’eau et sa sortie de l’eau, seul, ainsi qu’à manipuler son équipement [NDLR : les doigts de Tommy n’ont pas leur dernière phalange, ce qui limite sa dextérité].
Tommy passera son examen pour obtenir sa certification « Open Water Diver » PADI, les 4 et 5 juin prochains, avec les autres étudiants de son cours. Selon son enseignant, il a d’excellences chances d’y parvenir.
|
****************
Une nouvelle passion pour Tommy

C’est parce qu’il aime nager que Tommy St-Onge, a décidé de s’inscrire au cours d’initiation à la plongée sous-marine au CSTJ. Il ignorait, à ce moment-là, qu’il se découvrirait une nouvelle passion.
« J’ai choisi ce cours, car je me suis dit que ça serait un bon défi et que j’en serais capable. En même temps, je ne savais pas à quoi m’attendre », explique le jeune homme.
Même s’il est fier de ce qu’il a accompli, Tommy n’y voit rien d’exceptionnel. Comme il le rappelle, il est habitué à relever des défis.
« J’ai juste choisi un cours qui m’intéressait, il n’y avait pas d’autres raisons derrière ça », conclut celui qui compte s’inscrire au deuxième cours de plongée sous-marine au CSTJ, la session prochaine, et caresse le rêve de plonger dans les eaux des Caraïbes.
