Les anciens de Mueller travaillent presque tous
La grande majorité des quelque 70 travailleurs syndiqués de la fonderie Mueller ont trouvé un nouvel emploi dans les mois suivant la fermeture subite de l’entreprise jérômienne, en décembre 2014.
Selon Sylvain Camirand du Groupe GCRH, qui présidait le comité de reclassement de ces ouvriers licenciés, ceux-ci ont démontré une remarquable volonté de se prendre en main. Et cela, en dépit du choc causé par l’annonce de la fermeture immédiate de leur usine, une semaine avant Noël...
«Parmi tous les dossiers semblables sur lesquels j’ai travaillé, celui de la Mueller a été l’un des plus dynamiques», affirme M. Camirand, qui s’attendait à un parcours plus difficile pour ces travailleurs, en raison du «coup dur» qu’ils avaient subi. «Pour eux, il n’était pas question de se laisser aller!», constate-t- il.
Le défi était pourtant de taille pour ces ouvriers dont la moyenne d’âge était de 47 ans, certains ayant même quelques dizaines d’années de service. Beaucoup affichaient en outre une faible scolarité. Sept d’entre eux ont d’ailleurs entrepris un retour aux études, afin d’améliorer leurs qualifications et de s’orienter dans un autre domaine.

Souvenir de janvier 2015
Certains ont trouvé… à Québec
Il faut dire que les emplois spécialisés en fonderie ne courent pas les rues. Deux entreprises de ce secteur industriel, établies dans la région de Québec, ont néanmoins profité du comité de reclassement de la Mueller pour recruter du personnel. Une demi-douzaine de travailleurs jérômiens ont répondu à cet appel.
Selon Sylvain Camirand, ce nouvel emploi ne les forçait pas à déménager puisque les horaires de travail étaient organisés en conséquence.
La majorité des employés ont pu se replacer au plus à 30 minutes de distance de Saint-Jérôme, selon le président du comité de reclassement. Bien sûr, certains des plus âgés ont préféré prendre leur retraite. Le groupe comprenait aussi quelques personnes malades ou en congé d’accident de travail.
Au moment où était déposé le rapport final du comité en décembre dernier, seulement sept personnes n’avaient pas de nouveau travail. «Et ce n’était pas les plus actifs dans la recherche d’un emploi», souligne Sylvain Camirand.



Illusoire relance de l’usine
Si certains travailleurs avaient, pendant un certain temps, l’espoir qu’un nouvel investisseur relancerait les opérations de l’usine, la majorité n’y croyait pas, selon M. Camirand: «Même ceux qui espéraient cherchaient du travail en attendant.»
Rappelons que la fermeture de la fonderie, que d’aucuns ont qualifiée de «sauvage», avait suscité une certaine mobilisation dans la communauté jérômienne. Le député Pierre Karl Péladeau, la Ville, Investissement Québec et le syndicat UNIFOR avaient travaillé conjointement à trouver un acquéreur pour l’usine, afin de préserver les emplois. Ces efforts se sont toutefois avérés vains, dans le difficile contexte de l’industrie des métaux.



La démolition


La décontamination du site s’achève
Les Jérômiens ont quand même pu se consoler en voyant disparaître les vestiges de l’usine de la rue Castonguay, ces derniers mois.
Celle-ci, il faut bien le dire, constituait un anachronisme au coeur de la ville, à côté de résidences et de l’école Frenette. Alors que la fermeture de la fonderie suscitait des craintes légitimes quant à l’avenir de ce terrain, hypothéqué par 60 ans d’exploitation industrielle lourde, on a constaté avec satisfaction que d’imposants travaux de décontamination y ont été entrepris et seront complétés à la fin de l’été.

Le maire Stéphane Maher a confirmé que ces travaux s’effectuent aux frais de la compagnie Mueller, d’ailleurs toujours propriétaire du terrain.
On sait que la Ville souhaite que cet emplacement soit mis en valeur et elle a d’ailleurs modifié le zonage pour y permettre la construction résidentielle à haute densité. Cela dit, aucun projet en ce sens n’est encore sur la table, précise le maire.
Les responsables du développement économique local proposeront éventuellement cet emplacement stratégique à des investisseurs. «Mais pour l’instant, on n’a pas encore le OK de Mueller», conclut M. Maher.