Causes, Personnes

Un café avec Jocelyn, citoyen de la rue de Saint-Jérôme

J’ai pris un café avec Jocelyn l’autre fois. En fait, c’est lui qui a pris un café. Moi, j’en avais déjà pris un ou deux.

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C’était pour parler de la Nuit des sans-abri. On était assis autour d’une table avec Jean Létourneau, travailleur de rue à Saint-Jérôme, la journaliste Isabelle Houle et Roxanne Perreault, travailleuse de milieu pour Hébergement Fleur de Macadam. Installé sur la rue Labelle, dans l’ancienne imprimerie Les Compagnons, cet organisme offre un lit et deux repas, trente jours à la fois maximum, à des personnes qui n’ont plus de toit.

Jocelyn y a déjà été hébergé. Aujourd’hui, il a un logement qu’il apprécie même si le chauffage n’est pas très efficace avec «un calorifère du temps d’Abraham Lincoln», dit-il.

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Ici depuis sept ans

Il est à Saint-Jérôme depuis sept ans. «Je suis arrivé ici parce qu’on disait que la morphine était facile à trouver… et je suis resté parce que j’y ai trouvé des amis!» Il se dit lui-même un vieux bad boy, qui a choisi la rue parce qu’il l’aimait et qu’il n’avait de comptes à rendre à personne.

Une réflexion qui revient souvent, nous avait dit le travailleur de rue. «Quand tu n’as plus de réseau autour de toi, il te reste tout de même ta dignité.»

Jocelyn admet toutefois que la rue, ce n’est pas reposant. Il a fait le tour du Québec avec son expérience de 30 ans à passer d’une ville à l’autre, d’une ressource à l’autre. Même s’il s’est fait voler son vélo cinq fois en sept ans, il trouve que Saint-Jérôme ressemble à un «p’tit Cuba» et que c’est une terre d’accueil où il aimerait passer les années qu’il lui reste.

Il reconnaît aussi qu’il est encore agressif par moments, mais il n’est plus capable de dire que tout est de la faute des autres. Il s’est calmé, dit-il.

Services locaux

Passé la soixantaine, il témoigne d’une sagesse certaine: «Mon adrénaline, je me la fais moi-même aujourd’hui. Mais j’aimerais quand même me faire commanditer un saut en parachute, si vous connaissez quelqu’un!»

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