Histoire, Lieux, Personnes

Quelques moments de silence, un 11 novembre à Saint-Jérôme

Ils sont à peine 19. Leurs noms sont sur le cénotaphe de la rue Du Palais, devant le Cégep de Saint-Jérôme. Des milliers y passent tous les jours. Un magnifique monument tout neuf, très digne, qui se profilait samedi devant le soleil de novembre.

Les 19 sont ceux de notre région qui ont trouvé la mort en exerçant leur rôle de soldat. Si vous avez des racines à Saint-Jérôme, des neuves ou des vieilles, ils sont des gens de chez vous. Les 19 sont de ces gens qui acceptent d’aller au devant des choses quand ça ne va pas bien. Ils y sont allés avec courage, certes. Mais ils ont aussi subi l’ambiguïté que suppose l’utilisation de la force contre d’autres êtres humains…

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Autour des 19, ils étaient environ 500, peut-être davantage. Des gens venus se retrouver quelques moments au froid, arborant des coquelicots. Des gens rassemblés dans une sorte de silence respectueux et solennel. La plupart des 500 faisaient partie de la parade. Mais néanmoins, on retrouvait aussi des gens venus simplement rendre hommage. Le temps de se souvenir, l’espace d’une heure, de lire des noms, d’évoquer des nobles gestes.

À divers degrés, le temps a usé le drame de la mort des 19. Mais on trouve encore, le 11 novembre, de leurs camarades qui veillent sur eux en silence. C’est ainsi tous les ans. Les 19 revivent quelques moments dans le souvenir de ceux qui sont leurs descendants. Qui étaient leurs voisins. Ou simplement des gens qui habitant un monde que les 19 ont contribué à protéger.

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Le Jour du Souvenir c’est aussi le jour, non seulement des 19, mais des humains qui sont morts à la guerre, ou qui y ont laissé, à divers degrés, une partie d’eux-mêmes. C’est le jour de familles brisées, d’orphelins, de veufs et de veuves, le jour de milliers de soldats qui survivent, et qui reviennent vivre des vies à jamais endommagées.

Il n’y a pas que 19 noms sur le cénotaphe de la rue Du Palais. Il y en a des millions.

Le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher
Le député de Saint-Jérôme Marc Bourcier
Le député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin

TopoLocal a choisi cette année de vous présenter, dans les lignes qui suivent, l’intégralité du discours du député de Rivière-du-Nord Rhéal Fortin. Il traduit particulièrement bien le rôle que jouent les militaires et de tous ceux qui, au-delà d’exercer leurs droits, contribuent directement à défendre les droits de tous.

Chers amis,

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Il ne faut pas prendre à la légère le Jour du Souvenir. C’est un jour important, c’est un jour qui en dit long sur nous, comme citoyens, sur nous, comme société. Quand on a, parmi les nôtres, des femmes et des hommes qui sont prêts à mettre leur vie en danger, prêts à sacrifier leur vie, ça a de la valeur, ça.

C’est un dévouement avec lequel, franchement, peu de personnes peuvent rivaliser. C’est ce qui s’appelle le sens du devoir et c’est ce qui s’appelle aussi le don de soi. Comment on fait pour quitter sa famille et ses amis, abandonner tout derrière soi pour affronter les menaces à notre sécurité?

Quand les balles sifflent, quand les grenades explosent, quand l’ennemi est là devant soi prêt à s’abattre sur nous, quand son compagnon d’arme meurt à côté de soi, comment on fait pour se tenir debout et se dresser comme un rempart?

Je ne sais pas. Franchement, je ne sais pas si j’aurais ce courage. J’ose l’espérer.

Mais j’ai une reconnaissance sans borne, une admiration profonde, pour celles et ceux qui étaient là pour nous, celles et ceux qui sont là pour nous et celles et ceux qui seront là pour nous. Il ne faut jamais croire que notre liberté est acquise et que notre démocratie ne peut être attaquée. Combien de nations ont commis cette erreur et ont perdu leurs droits?

De la Première guerre mondiale à cette lutte armée contre l’État islamique, nos soldats étaient là pour nous. De la Normandie à l’Afghanistan, debout, volontaires avec une détermination stupéfiante, ils ont donné leur vie pour que nous vivions dans une société libre et démocratique. Et pour cela, nous devons leur dire merci.

Le Jour du Souvenir est l’occasion de le leur répéter mais notre reconnaissance doit être quotidienne. À tous les jours, rappelons-nous. Nous ne sommes pas seuls. Rappelons-nous de ces femmes et de ces hommes qui veillent sur nous et nous permettent de dormir tranquilles.

Merci.

Gérard Boivin dans une vidéo pour la paix

Le jérômien Gérard Boivin, un vétéran de la guerre d’Italie, a participé au tournage d’une vidéo de la chanteuse Abie qui s’intitule What about peace.

Gérard Boivin déposait samedi au cénotaphe une couronne de fleurs au nom des vétérans de la guerre 1939-1945

Cette chanson est un message de paix et M. Boivin a gracieusement accepté d’y prêter son image et son propre message de paix.

«Je suis très fière du résultat et très émue de la participation de M. Boivin», raconte Abie, qui est une résidente de Sainte-Sophie et qui a choisi de mettre ses chansons au profit de la cause des vétérans.

La chanteuse explique que c’est sa façon d’honorer les vétérans et soldats de toutes les générations. Ainsi tous les profits provenant du téléchargement des chansons Wounded Warriors et What about peace, via le site web de la chanteuse, sont versés à des organismes qui viennent en aide aux vétérans.

 

Charles Michaud
Cofondateur de TopoLocal, Charles Michaud a consacré 35 ans ans de sa vie professionnelle à l'information locale et régionale. On peut lui écrire à cm@topolocal.ca.

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