Éducation, Opinions, Santé

Super infirmière ou petit médecin… À qui profite ce débat?

Une démonstration a été faite avec le simulateur haute fidélité qui s'appelait M. Morin ce jour-là et avait une voix féminine.

Le débat récurrent sur ce sujet me laisse perplexe. À qui profite cette lutte entre les corporations ?

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L’étudiante en Soins infirmiers étudie au cégep pendant trois années après son Secondaire V, soit pendant 14 années d’études en tout (6 ans de primaire + 5 ans au secondaire et 3 au cégep). Elle n’a pas besoin de suivre des cours de maths. Avec son baccalauréat de trois années, elle atteindra 17 années d’études et 19 avec une maîtrise de deux années, à l’université Laval, par exemple, pour devenir une super infirmière ou, plus officiellement, infirmière praticienne spécialisée(IPS). Avec un doctorat régulier de 3 années en Soins infirmiers, elle atteindra 22 années d’études, pour porter le fameux titre de «Docteur» ou le «Ph.D.», soit plus qu’un médecin.

L’étudiante en médecine étudie au cégep pendant 2 années, après un Secondaire V soit 13 années d’études, mais elle doit réussir des cours de maths exigeant comme le fameux «Calcul différentiel et intégral». Elle s’inscrit au doctorat professionnel en médecine à l’université pour 6 ou 7 années d’études et de stages, sans avoir à faire un baccalauréat
et une maîtrise, incluant la résidence, selon l’université. Au total, elle aura étudié pendant 19 ou 20 années.

Il faut reconnaître qu’au niveau du cégep la formation en sciences, avec l’obligation d’une coter R-Z de 34 et plus, soit une moyenne de 94% et plus dans chaque cours, incluant les cours de philosophie pour être admis en médecine, est plus difficile que la formation du diplôme d’études collégiales(DEC) en Soins infirmiers, sans cours de maths.

Services locaux

On se demande alors, pourquoi avons-nous besoin des «super infirmières» ? Ne serait-il pas plus efficace qu’elles deviennent médecin tout simplement, pour presque le même nombre d’années d’études et des coûts similaires ? Devrions-nous offrir la même formation au technicien de cégep en génie mécanique pour qu’il devienne un super
technologue… ou petit ingénieur ? Chaque domaine du savoir exige des formations de niveau secondaire, un diplôme d’études secondaires(DES), de niveau collégial(DEC), et de niveau universitaire, un baccalauréat et une spécialité en maîtrise et doctorat. Avons-nous besoin d’infirmières avec un Ph.D. ?

Mon avis, c’est que cette concurrence entre les diplômes fait l’affaire des corporations qui protègent les intérêts de leurs membres.

Un autre problème moins documenté réside dans le fait que les IPS, qui peuvent travailler comme infirmière diplômée, suivent leur formation universitaire(bacc., maîtrise, Ph.D.) tout en travaillant, alors que cela est impossible pour les étudiants en médecine pendant leurs trois premières années d’études avant leurs stages rémunérés, puisqu’ils ne possèdent pas, comme tel, de formation reconnue.

Un problème similaire existe en pharmacie. Régulièrement, les journaux nous informent sur le manque de pharmaciens, mais ils oublient de signaler que la Corporation des pharmaciens protège ses avantages en refusant de reconnaître une formation de niveau collégial en pharmacie.

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Il existe une formation courte au niveau secondaire. Pour compter mes 30 pilules par mois pour mes brûlements d’estomac, moi qui ne consomme qu’une seule sorte de pilules, notre société a-t-elle besoin d’un bachelier en pharmacie? Un bon technicien avec une calculatrice pourrait faire l’affaire, non ?

Les psychologues ont réussi, eux, un coup de force. Pour augmenter leur salaire et leur statut social, la Corporation des psychologues exige que les futurs psychologues obtiennent un doctorat, comme les médecins, mais en coupant dans les cours de maîtrise. Il s’agit en fait d’un «petit doctorat», mais qui permet aux psychologues, au CHUM par exemple, d’écrire sur leur porte «docteur en psychologie».

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