Lieux, Transport

La colère du déneigement a fondu à Saint-Jérôme

Le 7 janvier 2015, on déneigeait les trottoirs à Saint-Jérôme.

Beaucoup de personnes, les membres du conseil municipal de Saint-Jérôme inclus, craignaient un accès de colère citoyenne à l’assemblée du conseil du 15 janvier. On y a même observé une discrète mais inhabituelle présence policière.

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Il faut dire que le déneigement satisfait rarement tout le monde. Parfois les réactions sont vives, comme celle d’un citoyen de Saint-Jérôme qui a décidé, il y a quelques jours, de garer son camion en pleine rue pour attirer l’attention sur les problèmes de son quartier, où se trouvent certaines des plus vieilles et plus étroites rues de Saint-Jérôme, dont les rues Saint-Faustin, Giraldeau, Saint-Ignace, Boyer et autres.

Deux autos-patrouilles étaient garées à l’entrée de l’hôtel de ville, le mardi 15 janvier. Une présence inhabituelle.

Beaucoup d’étudiants de l’Université du Québec, dont le campus situé tout près, utilisent ces rues pour garer leurs voitures, ce qui ajoute à la congestion par temps enneigé.

D’autres citoyens se plaignent aussi dans le cas de rues qui ne sont pas des corridors scolaires reconnus mais où les enfants doivent quand même se rendre à l’école à pied.

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Enfin, une poignée d’organismes de défense des droits des handicapés a aussi fait connaître publiquement son mécontentement au cours des derniers jours puisque les trottoirs de la rue Longpré, où se trouve un bâtiment qui abrite à 80% des organismes du genre, ne sont pas inclus dans la politique de déneigement.

Après avoir délégué son directeur des communications à la radio pour suggérer de faire appel à des «pelleteurs bénévoles», une idée que plusieurs ont jugée insultante, l’administration Maher semble en voie d’ajuster sa politique dans ce cas.

Mais pourquoi le déneigement s’est détérioré?

Si le maire Maher trouve sa ville «extrêmement bien déneigée», certains citoyens ne sont pas d’accord.

Il faut dire que Saint-Jérôme a adopté à l’été 2018 une nouvelle politique de déneigement, qui tente tant bien que mal d’établir des priorités dans un exercice qui sera toujours controversé.

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Les trottoirs

D’abord, pour des raisons de budget, la Ville ne déneige pas tous ses trottoirs. Le nombre total de kilomètres de trottoirs déneigés est de 118 sur un total de 186. Le conseil s’efforce de réduire ce nombre au minimum parce que déneiger le trottoir en soi représente un coût supplémentaire, et augmente aussi le coût de déneigement de la rue.

En dépit de ces contraintes, la Ville tient compte de plusieurs facteurs. Ainsi sur les artères principales ou les rues collectrices, ainsi que dans le centre-ville, les trottoirs des deux côtés de la rue sont déneigés. À condition qu’il y ait des trottoirs, ce qui n’est pas toujours le cas sur des artères devenues importantes, telle que la route 158 et certaines parties de la route 117 à Lafontaine.

Les autres facteurs qui gouvernent le déneigement des trottoirs sont la proximité d’écoles, d’institutions publiques ou de centres pour aînés, ainsi que les trajets d’autobus et les arrêts.

Tous les renseignements relatifs au déneigement à Saint-Jérôme et les instructions en cas de problèmes sont disponibles sur une page du site internet.

Les déneigeurs de la ville signalent leur intention au moyen d’affiches escamotables.

Les seuils de déneigement ont été relevés

TopoLocal a rencontré l’ex-conseiller municipal Mario Fauteux, qui a déjà siégé à la commission des Travaux publics, pour discuter de ces changements.

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« La norme pour le tassement de la neige, c’est-à-dire le déclenchement du passage des chasse-neige, a été relevée », explique Mario Fauteux. Le seuil a été relevé de 1 à 3 cm, ce qui signifie que le déneigement, parfois, peut commencer un peu plus tard.

« C’est facile de se plaindre et comme d’autres j’entends que les gens manifestent leur irritation envers les cols bleus, mais je suis certain qu’ils font le meilleur travail possible avec les moyens qu’on leur donne. »

« La plupart des parcours de chasse-neige incluent des rues plus importantes, où le déneigeur passe deux fois par circuit, ainsi que des rues secondaires, où la norme est d’un seul passage. C’est parfaitement normal que les gens qui habitent sur une rue secondaire, au bout d’un parcours, trouvent qu’il y a un changement. C’est juste qu’on ne leur a pas expliqué clairement! »

Quant aux trottoirs, ajoute M. Fauteux, le critère de la densité de population a aussi été retiré, ce qui diminue le nombre de trottoirs déneigés.

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« Hélas, personne ne peut faire de miracles. On ne peut pas geler ou réduire les budgets et faire semblant de maintenir le même niveau de service », conclut Mario Fauteux.

Note à nos lecteurs

TopoLocal a choisi de parler de la politique du « tassement » et du déneigement à Saint-Jérôme avec un ancien membre du conseil municipal. Nous estimons que dans le cas des élus de Saint-Jérôme, c’est la meilleure façon d’avoir des réponses claires et transparentes à fournir à nos lecteurs. Les membres actuels du conseil municipal ne répondent pas à nos questions.

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