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Aux paroissiens de décider de l’avenir des églises du diocèse de Saint-Jérôme

Un an après la commotion causée par le projet de fermer rapidement une trentaine de ses 54 églises, pour faire face aux difficultés financières de nombreuses paroisses, au manque de prêtres et à la désaffection des fidèles, le diocèse de Saint-Jérôme invitera les communautés concernées à décider elles-mêmes de leur avenir.

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Aucune décision unilatérale de fermeture d’église ou de réaménagement de paroisse ne sera prise par les autorités diocésaines. Ce sont les paroissiens eux-mêmes qui se prononceront, après avoir été bien informés de leur situation respective.

Voilà le message que transmettent Mgr Pierre Morrissette et celui qui lui succédera d’ici quelques mois à titre d’évêque, Mgr Raymond Poisson, lors de la tournée des paroisses qu’ils mènent depuis quelques semaines.

Le projet initial de réorganisation mis de côté

On savait déjà que le projet initial de rationalisation, défendu à l’époque par le Vicaire général Mgr Martin Tremblay, avait du plomb dans l’aile. Alors qu’au moins certaines fermetures d’églises devaient être officialisées dès juin dernier, cette échéance avait été reportée au 13 décembre à la suite de l’arrivée de Mgr Poisson comme évêque coadjuteur.

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Ne partageant visiblement pas la même vision des choses, ce dernier tenait à revoir ce plan de réorganisation, compte tenu qu’il sera ultimement le grand responsable du diocèse. Depuis, Mgr Tremblay a été affecté pour deux ans à un programme d’étude… à Rome.

En entrevue avec TopoLocal, Mgr Poisson rappelle qu’une église « est la propriété de sa communauté chrétienne » et qu’il revient donc à celle-ci de décider de son sort. Encore faut-il qu’elle soit bien informée de l’état de l’église et des finances de la paroisse. « Les paroissiens doivent faire leur devoir », explique l’évêque coadjuteur, confirmant du même coup que le processus de réflexion s’échelonnera sur plus longtemps que prévu.

Les décisions reportées à 2019

De fait, la date du 13 décembre ne tient plus. D’ici la fin de novembre, les évêques auront complété leur tournée des régions du diocèse. « Pour le secteur Saint-Jérôme, nous avons déjà rencontré 300 personnes et toutes les assemblées de fabrique », précise Mgr Poisson.

Au début de 2019, les paroisses devront clairement établir leur « bilan de santé spirituelle et financière ». C’est à la lumière de cet exercice que les paroissiens voteront par la suite sur les mesures à prendre. « Avec les responsabilités qui vont avec leur choix », précise bien Mgr Poisson.

Services locaux

Même s’il est évident que les ressources financières de certaines communautés sont très limitées sinon insuffisantes, Mgr Poisson se montre plutôt positif face à l’avenir des églises. Selon lui, il y a peu d’avantage à tirer de la vente du bâtiment. « Je crois plutôt au partage et au partenariat, par exemple avec des villes ou des organismes », dit-il.

Espoir pour l’église Notre-Dame de-la-Salette?

C’est notamment vrai pour l’église Notre-Dame-de-la Salette, dans le secteur Bellefeuille, où il n’y a plus de services religieux depuis l’été 2017 et qui a même été officiellement désacralisée par un décret de l’évêque, en juillet dernier.

Soulignant que cette église, rebâtie à neuf à la suite d’un incendie survenu en 2004, est en très bon état, Mgr Poisson croit qu’elle « a bien des chances de rester ». Et le fait qu’elle ait été désacralisée n’exclut pas, selon lui, qu’elle puisse de nouveau accueillir des célébrations religieuses.

Au bout du compte, Mgr Raymond Poisson croit qu’en dépit des tensions qui auront marqué cette profonde réflexion sur l’avenir des églises, « on a réveillé des consciences ».

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Henri Prévost
Journaliste d'expérience, Henri Prévost couvre Saint-Jérôme et les Laurentides depuis 40 ans.

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