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Gilles de la Chevrotière: Une carrière de bénévole du hockey qui dure depuis 40 ans

Il y avait bien 40 personnes réunies pour voir Gilles de la Chevrotière recevoir le Prix du bénévolat en loisir et en sport Dollard-Morin, le 27 septembre à l’Aréna régional de la Rivière-du-Nord. Personne n’a eu besoin de longues explications pour comprendre pourquoi on lui rend cet hommage.

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Tous ont été témoins, selon leur âge, des plus de 40 années que cet omniprésent bénévole a consacrées à la cause du hockey mineur.

M. de La Chevrotière est titulaire de l’Ordre du Mérite du hockey québécois. Il est membre du Temple de la Renommée du hockey Laurentides-Lanaudière. Il a été président d’honneur du Tournoi de hockey Atome de Saint-Antoine, médaillé d’honneur et récipiendaire de plusieurs hommages à plusieurs occasions, toujours liés au monde du hockey.

Michael Leduc, Stéphane Maher, Michel Côté, président de la région Hockey Laurentides Lanaudière, Gilles de La Chevrotière, Daniel Godon, adjoint au gouverneur et responsable des événements spéciaux, ainsi que Marc Bourcier, alors député de Saint-Jérôme.

Le Prix Dollard-Morin lui sera remis en novembre des mains du prochain ministre de l’Éducation du Québec. On a nommé ainsi cette reconnaissance pour honorer un journaliste québécois dans le domaine du loisir et il est attribué depuis 1993. Outre Sylvie Potvin en 2017 et Robert Lavoie en 2016, on trouve parmi les récipiendaires passés dans la région des Laurentides les noms de Dang Thanh Bui, Michel Rochon, Marc Desjardins, Élie Fallu et Henri Decarnelle.

Plusieurs amis et collaborateurs étaient sur place. On reconnaît Pierre Fournelle, Robert Speak, Michel Côté, Alain Tardif, Philippe Pesant, Robert Brisebois, et à l’arrière Christian Desjardins, Daniel Godon, Benjamin Bohémier, Benoit Bohémier, Mathieu d’Onofrio
Le directeur général de Loisirs Laurentides, Jacques Allard.
Michel Côté, président du Hockey mineur, côtoie Gilles de La Chevrotière depuis plusieurs années.
Daniel Godon a rappelé à tous qu’une journée typique de Gilles de La Chevrotière débute à 5h le matin, alors qu’il se lève pour transporter les joueurs des Sélects du Nord vers leur école.
Le député Marc Bourcier s’est bien amusé en inventant des «sources anonymes» selon lesquelles Gilles de La Chevrotière aimait bien renifler le glycol des systèmes de réfrigération…
À en juger par l’air de Gilles de La Chevrotière, les histoires de Marc Bourcier l’ont bien fait rigoler.

Fidèle a lui-même, Gilles de La Chevrotière n’a pas occupé la tribune bien longtemps. En quelques mots, il a remercié les personnes présentes pour l’hommage qui lui a été rendu, en soulignant toute l’implication des nombreux collaborateurs qui ont accompagné son parcours.

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Une conversation dans l’antichambre 

TopoLocal a rencontré Gilles de la Chevrotière dans l’antichambre, pour reprendre une expression familière aux amateurs de hockey.

Le bureau utilisé par le hockey mineur et les Sélects du Nord, à l’Aréna régional de la Rivière-du-Nord, est un lieu approprié pour celui qui a passé l’essentiel de sa vie de hockey parmi les bénévoles et les organisateurs plutôt que sur une patinoire.

D’ailleurs, Gilles n’a pas du tout le profil ex-joueur-devenu-coach ou organisateur. Dès ses débuts, sa passion pour le hockey l’attire davantage derrière le banc que sur la glace. «J’ai d’abord été assistant coach avec deux vieux de la vieille à Saint-Antoine: Michel Prud’homme et Raymond Forget», dit-il.

Gilles de la Chevrotière dans les années 1980, en compagnie d’un autre bénévole, Réjean Lalonde.

C’est donc à Saint-Antoine, ville autonome fusionnée depuis à Saint-Jérôme, que naîtra sa passion. Le hockey mineur à Saint-Antoine à l’époque se résumait à deux patinoires extérieures et une poignée de bénévoles qui profitaient du sous-sol de l’école voisine, Saint-Stanislas, pour loger des chambres de joueurs et les locaux de l’organisation.

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Gilles de la Chevrotière n’a jamais joué au hockey organisé. «Je sais patiner, nous rassure-t-il, mais ça doit faire 30 ans que j’en ai pas mis.»

Saint-Antoine connaît alors un essor impressionnant. Les nouvelles rues bordées de bungalows poussent comme des champignons, habités par des familles, des jeunes qui participent aux activités de sport, et des nombreux parents impliqués à titre de bénévoles.

«C’était pas très compliqué à l’époque. Quelqu’un m’a demandé si je savais marquer des matchs. Je ne savais pas trop mais on m’a assuré que je me débrouillerais. Quelques minutes plus tard, j’étais dehors dans une cabane au bord de la bande avec une tablette de feuilles, un crayon à la mine, un chronomètre et un sifflet.»

C’est aussi l’époque des comités de loisirs bénévoles dans les municipalités. Ces organismes profitaient souvent de programmes de subventions à l’emploi. «J’ai eu quelques emplois comme préposé aux terrains de balle l’été et comme marqueur en hiver, dans le cadre de programmes Canada au travail. Puis, Saint-Antoine a obtenu une aide gouvernementale pour faire le ménage de ses archives. Cette fois, mon Canada au travail, c’était pour classer les archives qui s’empilaient dans la voûte de l’hôtel de ville. Par la suite je me suis trouvé un vrai travail, toujours à la Ville, au service de la taxation. J’y suis resté 38 ans, jusqu’à ma retraite.»

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Aujourd’hui, Gilles de la Chevrotière est président des Sélects du Nord, qui regroupe depuis 35 ans les hockeyeurs élite de la région Laurentides. Le découpage de la région, aux fins de hockey, va d’est en ouest de Lachute à Saint-Lin, et s’étend du sud au nord de Mirabel à Ferme-Neuve. Il agit aussi à titre de gouverneur de la région, donc il représente les Laurentides à la LHEQ, la Ligue de hockey d’excellence du Québec.

Vous observez le hockey mineur depuis longtemps. Le «bon vieux temps», c’était mieux?

« C’est dur de comparer les époques. On s’amuse encore beaucoup. D’ailleurs, si on ne s’amusait pas, on ne serait pas là. Mais on ne s’amuse pas de la même façon que dans le temps. »

« On a gagné en structure, en formation d’entraîneurs, en encadrement de joueurs. Nos coachs sont nettement mieux formés aujourd’hui, mais je pense qu’il y avait plus de fun spontané à l’époque », ajoute-t-il avec un large sourire.

Le débat chez les gens de hockey depuis un certain temps, c’est la spécialisation excessive. De nombreux sportifs favorisent la pratique de sports plus diversifiés…

« Hockey Québec vise que les gens ne fassent pas que du hockey. Nous on ne fait pas de hockey en été d’ailleurs. Mais on sait qu’il y a plein de jeunes qui continuent même dans la saison morte et ne veulent pas s’arrêter et peut-être pratiquer d’autres sports. Alors, tu fais quoi dans cette situation? »

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« Nous a a décidé qu’on n’embarque pas dans le hockey d’été. Mais on sait que c’est plein. On ne peut pas dire aux gens quoi faire. Tant qu’eux y trouvent leur compte et s’amusent… »

Une organisation comme la vôtre pourrait-elle aller un jour jusqu’à organiser des activités sportives de rechange, pour diversifier l’entraînement?

« Je ne sais pas. Il ne faut jamais dire jamais. Mais ce n’est certainement pas le but premier de nos organisations d’encadrer les jeunes 12 mois par année. Nous les bénévoles on demeure actifs pendant la saison morte, mais le but ce n’est pas d’amuser les jeunes ou de les prendre en charge à l’année longue. »

« Dans la réalité, il y en a beaucoup qui font du soccer et tant mieux, parce que c’est une autre sorte d’entraînement et un sport différent. On s’en réjouit, parce que notre but n’est certainement pas de faire du hockey 12 mois par année. »

Vous vous occupez aussi des études de vos jeunes…

« Nos jeunes ont un horaire qui laisse de la place à l’entraînement dans le cadre des programmes sport-études que nous avons développé avec la Polyvalente de Saint-Jérôme. C’est différent des profils hockey qu’offrent certaines écoles, mais nos jeunes sont encadrés sur le plan pédagogique et savent qu’ils doivent trouver un équilibre entre leur sport et leur éducation. Les Sélects incorporent des périodes d’étude à l’horaire quotidien des joueurs au même titre que l’entraînement de hockey. »

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Et vous, personnellement, vous avez finalement un horaire qui ressemble pas mal à celui des joueurs…

« Je me lève tous les matins de la semaine vers 5 heures pour aller chercher nos joueurs de Sainte-Agathe et les conduire à Saint-Jérôme pour leur entraînement et ensuite leur journée scolaire. Je ne suis pas seul, un autre de nos bénévoles fait la même chose avec nos joueurs de Mont-Tremblant. Le soir, une fois la journée scolaire finie, on les ramène à la maison.

Ça se termine vers 18h …et on recommence le lendemain. »

Quand Gilles de la Chevrotière raconte sa journée de la sorte, c’est sur un ton calme. Pas de grandes exclamations, pas de tournures épatantes, rien pour attirer de la sympathie, de l’attention ou de la reconnaissance. C’est sans histoire, comme il le fait depuis 40 ans.

Quand il dit que ça l’amuse, on le sent sincère. On sent qu’il se réjouit de contribuer à ce que des milliers de jeunes, au fil des ans, profitent de leur sport.

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Et surtout, on sent qu’il continuera encore longtemps.

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