Élections, Opinions, Politique

Les grands absents des élections au Québec

TopoLocal publie ici un commentaire de Loyola Leroux, bénévole du Parti québécois dans Prévost et professeur de philosophie retraité du Cégep de Saint-Jérôme.

Publicité

Où sont les artistes, les bloquistes, les excités, les conteurs d’histoire, les créateurs de richesse?

Ce qui me surprend depuis le début de la période électorale, c’est l’absence, en tout premier lieu, de nos artistes, qui nous ont habitués et orientés, tel Moïse menant le bon peuple vers la Terre promise, vers la Vérité en nous disant quoi penser et quoi faire…

Nous n’entendons pas le trémolo des Vincent Graton, Roy Dupuis et consorts! Ni les lamentations de nos passionarias locales, les «Courageuses»! Même les humoristes restent clos. Le commun des mortels est un peu perdu. Comment voter?

Nous avons besoin de penseurs originaux, qui ont de la «profondeur» comme Pierre Foglia, Yvon Deschamps, etc. Ils doivent sortir de leur retraite.

Publicité

Même les bloquistes, après avoir accaparé le devant de la scène, pendant plusieurs mois en se chicanant, ne disent mot. Où est Gilles Duceppe, lui un ancien membre des groupes de gauche d’où origine QS? Les députés bloquistes ne pourraient-ils pas nous éclairer? Comment peut-on être de gauche, cosmopolite, internationaliste, pro-immigration, pour l’abolition des frontières et en même temps, de droite, nationaliste, pour le natalisme, pour la valorisation de nos traditions et de nos coutumes?

N’est-ce pas là, le problème de la quadrature du cercle, de la recherche de la pierre philosophale, de la découverte de la Toison d’or, que QS et le PQ veulent résoudre? Comment être soi-même et son contraire! Qui peut à la fois être nationaliste et internationaliste en même temps ?

Où sont les excités et les énervés qui formaient des chaînes humaines autour de nos écoles pour critiquer les coupures du gouvernement Couillard? J’ai comme l’impression, que par leur silence, ils cautionnent ces réductions de services qui ont permis à l’État de sauver plus de quatre milliards de dollars. On pourrait même se demander si ces fermetures de postes de conseillers pédagogiques en tout genre n’étaient pas nécessaires.

Où sont les anti-Charte-des-valeurs du PQ, les professeurs d’université qui sonnaient le tocsin, les prophètes de malheurs, les défenseures des femmes voilées, les femmes voilées elles-mêmes, etc.?

Services locaux

Je bénévole pour le PQ de mon comté depuis 10 mois et ce qui me frappe chez tous les supporteurs de tous les partis que j’ai rencontrés, c’est le haut degré d’émotions qui les anime. Je me rends compte que les humains ont un besoin viscéral de se faire raconter une belle histoire. Les enfants pour les aider à s’endormir, les femmes avant l’amour et le peuple pendant la campagne électorale. Nous sommes en déficit d’espoir.

La religion ne vend plus d’Indulgences pour accéder au paradis à la fin de nos jours. La loto déçoit celui qui connaît un peu les statistiques. Le Canadien de Montréal ne gagnera plus la Coupe Stanley, victime consentante d’un complot fédéraliste. Il reste les élections avec leur lot de promesses pour nous inventer un beau «Projet de société», comme le XXe siècle en a connu en Allemagne, en Russie, au Cambodge, etc.!

Dans ce domaine, du coté de la CAQ, du PQ et du PLQ, ça vole bas. Seul QS nous fait rêver, comme il y a exactement un siècle, la Révolution russe d’Octobre 1918, avec le Grand Lénine faisait rêver le monde entier lors du «Grand soir». Cette révolution annonçait la venue du paradis sur terre, des lendemains qui chantent, la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, la camaraderie universelle, etc. QS et ses «idiots utiles» ne nous offrent  rien de moins.

J’ai l’impression que notre monde politique se divise en deux. D’un coté ceux qui répartissent la richesse, la grande majorité des politiciens, qui rivalisent de projets tout aussi grandioses les uns que les autres. «Une idée, une dépense, une taxe», affirmait François Legault.

Publicité

Dans ce domaine, the sky is the limit comme disent les Américains. QS propose de dépenser des milliards, le PQ est plus réaliste mais s’en tient à son credo, l’augmentation des dépenses de l’état.

Le problème, après un demi-siècle d’inventions de programmes sociaux en tout genre, il ne reste plus rien à créer dans ce domaine. QS me rappelle le regretté Réal Caouette du fameux parti du Crédit social pour qui la solution à tous nos problèmes consistait simplement à imprimer plus d’argent, à demander à la Banque du Canada de faire rouler les imprimeries, nuits et jours. Ainsi, la pauvreté disparaitrait et tous seraient riches.

De l’autre côté, ils sont beaucoup plus rares, on cherche les créateurs de richesse, ceux qui créent des emplois, qui vendent nos produits à l’étranger et font entrer de l’argent au pays, qui, en fait, nous permettent d’habiter le «plus meilleur pays du monde».

Au Québec, patrie de L’amour du pauvre, la CAQ et le PLQ osent à peine parler de ces entrepreneurs, mais ils les appuient. Pour QS, ils seront envoyés dans un goulag près de Kuujjuaq, dans les mois suivant leur prise du pouvoir. Pour le PQ, il va falloir discuter avec eux et tenter de plaire à tout le monde, i.e. déplaire à tous.

Publicité

Pour qui voterez-vous ?

Send this to a friend