Élections, Lieux, Politique

C’est la saison des pancartes

Les six syndicats responsables de la campagne d’affichage La CAQ et le PLQ:du pareil au même…On mérite mieux, a annoncé le mercredi 22 août que ses affiches seraient retirées avant la fin de la soirée, afin de respecter la loi électorale.

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Tard mercredi soir, on assistait déjà aux préparatifs et dès le lendemain matin, plusieurs sont déjà visibles alors que la campagne électorale commence officiellement. Il y en aura bientôt un peu partout, avec les visages – souvent retouchés – des candidats de chacun des partis.

Ces affiches sont soumises à toute une série de lois et de règlements. Elles sont notamment une dépense électorale au sens de la loi, et doivent donc être comptabilisées par les agents officiels des candidats. L’emplacement, la disposition, et la durée de l’affichage doivent obéir à de nombreuses règles.

Une campagne avant la campagne jugée efficace

La coalition syndicale, pour sa part, estime avoir atteint son objectif. Le groupe affirme que selon des sondages CROP qu’il a commandés, 51% des personnes sondées dans l’ensemble du Québec et 78% dans les circonscriptions ciblées affirment avoir vu un élément de la campagne.

Elle affirme aussi que 43% des personnes interrogées se disent en accord avec l’argument voulant que la CAQ et le PLQ c’est du pareil au même, alors que 24% des gens ne se sont pas prononcés.

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Le groupe syndical, malgré le retrait de ses affiches, entend maintenir la pression sur les partis politiques pendant la campagne électorale. Notamment en revendiquant le salaire minimum à 15$ l’heure et l’assurance-médicaments pour l’ensemble des Québécois.

Les syndicats s’opposeront aussi «férocement» à toute proposition de baisse d’impôts, car elle croit qu’une telle baisse passerait forcément par une privatisation des services et des sociétés d’État.

La coalition inclut le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat des métallos, le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB), l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et des travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES).

Interdites à Saint-Jérôme

Le 20 juillet, la Ville de Saint-Jérôme avisait la coalition syndicale à l’origine de la campagne d’affichage de retirer ses pancartes sur tout le territoire dans un délai de 48 heures.

Services locaux

Saint-Jérôme affirmait alors que les affiches contreviennent à son règlement d’urbanisme en vigueur dans la municipalité qui interdit notamment l’affichage de nature politique ou partisane en dehors de la période électorale (règlement de zonage 0309-000, article 1303).

«Dans le cas où la coalition syndicale ne respecte pas le règlement en vigueur, elle sera passible d’une amende de 500$ par jour par panneau», avertissait alors la Ville.

La coalition syndicale a annoncé le retrait de ses affiches pour le début de la campagne électorale.

L’affichage: une jungle

Même en dehors des périodes électorales, l’affichage est encadré par des règles complexes. Créés dans l’esprit d’harmoniser le paysage urbain et de traiter équitablement les citoyens et les corporations, les règlements sont nombreux et varient d’une ville à l’autre, et d’un secteur à l’autre. Enfin, les conseils municipaux ont l’habitude d’accorder de nombreuses dérogations mineures, notamment pour favoriser l’implantation de commerces.

Les droits acquis, les cas particuliers et même dans certains cas des questions liées au patrimoine sont souvent invoqués.

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Le baril tournant du restaurant PFK à Saint-Jérôme, qui n’était plus conforme au nouveau règlement, a fait l’objet d’un compromis avec la ville en 2015. Plus de détails, l’explication du PKF et une photo avant-après ici.

De la tolérance pour les visages qui ne sont pas politiques

Sauf pour les cas de sécurité routière, d’infractions flagrantes ou de plaintes, peu de villes font une surveillance systématique de l’affichage. La tolérance envers les agences immobilières et les promoteurs est chose courante. Il n’est pas rare, par exemple, de voir l’agence immobilière qui désire vendre un immeuble commercial ériger une affiche qui serait illégale pour un propriétaire occupant.

Les affiches pour la vente de maisons sont acceptées à Saint-Jérôme. Dans le cas d’édifices à condos, ça devient parfois encombrant.
Certaines affiches s'installent dans le paysage  au point qu'on ne les remarque presque plus...
Certaines affiches s’installent dans le paysage au point qu’on ne les remarque presque plus…

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