Lieux, Transport

Le maire de Mirabel plaide pour une gare du train de banlieue sur la rue Victor

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, juge que l’opposition de l’Union des producteurs agricoles(UPA) à l’installation d’une gare de train de banlieue dans le secteur de Saint-Janvier est l’opinion d’une «petite clique qui conteste et contestera toujours».

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«Quand l’UPA dit que les agriculteurs s’opposent à cette gare, ce n’est pas vrai. J’en connais plusieurs agriculteurs à Mirabel, moi, et les points de vue sont beaucoup plus nuancés que cela. S’il le faut, j’inviterai d’ailleurs chacun des membres de l’UPA à Mirabel à m’appeler pour en discuter.» Jean Bouchard a visiblement hâte que la construction de la gare aille de l’avant, et se promet d’ailleurs «d’enlever ses gants blancs» pour que le débat se fasse une fois pour toutes.

L’emplacement choisi, sur la rue Victor, a été annoncé en décembre 2017.

Le maire de Mirabel affirme que c’est un faux débat puisque le site de la rue Victor bénéficie d’un droit acquis qui permet la construction de la future gare. Il affirme par ailleurs que la Commission pour la protection des terres agricoles(CPTA) permet l’utilisation de terrains en zones agricoles à des fins d’utilités publiques. La CPTA, affirme-t-il, a toujours reconnu les droits acquis sur le site.

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Des craintes «non fondées»

Le maire juge que les craintes de l’UPA de voir davantage de développement résidentiel du côté nord de la rue Victor si la gare s’y installe, sont non fondées. Pas question, dit-il, d’empiéter davantage que les terrains requis pour la gare et son stationnement. «Il reste bien d’autres espaces à Mirabel pour construire.»

L’UPA toujours opposée

Par ailleurs, l’UPA maintient sa position à l’effet que la future gare devrait être construite à proximité de la rue Charles, à peine 400 mètres plus au sud, dans une zone déjà habitée.

L’UPA considère que l’étude menée par Exo, l’organisme qui gère l’ensemble du réseau des trains de banlieue, est «bâclée».

Richard Maheu, président régional de l’UPA Laurentides Outaouais, reconnaît que son organisme s’est toujours opposé au site de la rue Victor. Mais il réfute les allégations du maire Bouchard. «L’UPA est un organisme démocratique qui traduit le point de vue de ses membres», dit-il.

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«Nous nous sommes rendus à l’hôtel de ville en février et le maire nous avait promis une rencontre avec le RTM, une rencontre qui n’a pas eu lieu, ajoute M. Maheu. Nous favorisons la rue Charles parce que nous croyons que les gens devraient être encouragés à se rendre à pied ou en vélo au train de banlieue alors que si on construit la gare en terrain agricole, les gens vont y aller an auto.»

L’UPA se dit toujours favorable à l’implantation d’une gare en milieu urbain, mais fermement en désaccord avec le site actuel.

«Il faut être deux pour collaborer et dans ce dossier, l’UPA n’a pas le sentiment d’être entendue», affirme son communiqué.

Exo persiste et signe

L’organisme Exo, qui se nommait auparavant le Réseau de transport métropolitain(RTM), a effectué une analyse comparative de deux sites, soit ceux de la rue Charles et de la rue Victor.

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Son choix s’est arrêté sur la rue Victor, un site jugé avantageux sur le plan de la sécurité, des coûts, de la fluidité et du respect des délais dans l’aménagement des lieux.  Le rapport précise que le site de la rue Victor permet une construction dès l’année 2019; qu’il minimise l’exposition des piétons, cyclistes et automobilistes au passage à niveau; qu’il minimise l’impact négatif (sonore et visuel) sur les riverains, et qu’il profite d’un accès direct au réseau routier supérieur.

Le maire Bouchard ajoute que le coût de la future gare, qu’on estimait entre 4 et 5 M$ il y a une décennie et qui est aujourd’hui évalué à 12 M$, pourrait aller jusqu’à doubler encore si on devait construire sur la rue Charles. Il ajoute que Mirabel a déjà acquis des terrains à l’intersection de la 117 et de la rue Victor dans le but d’améliorer l’intersection, qui sera vraisemblablement plus achalandée si le projet de gare va de l’avant.

Il se réjouit du choix d’Exo:«L’emplacement que nous avons toujours privilégié dans l’aménagement de la future gare est le bon.»

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«Urgent», selon le maire Bouchard

Le maire espère que le processus d’appel d’offres pour la préparation des plans et devis sera enclenché au plus tôt.

« La réalisation de ce projet dans les meilleurs délais permettrait d’offrir une alternative supplémentaire à la population du nord-ouest de la couronne Nord, dont les utilisateurs de la ligne Deux-Montagnes, qui sont déjà impactés par les travaux du REM», enchaîne-t-il.

Le maire de Mirabel souhaite procéder sans autre délai afin d’éviter que des coûts supplémentaires s’additionnent. Dans un communiqué émis le 10 juillet, il demandait à l’UPA de «ne plus s’opposer au projet d’implantation de la gare rue Victor et de travailler main dans la main avec les autorités municipales».

Le maire souligne que la Ville s’est toujours montrée sensible aux préoccupations du monde agricole.  Par conséquent, elle lui demande à son tour toute sa collaboration afin de mener à bien ce dossier «hautement prioritaire pour toute la région».  Il rappelle que la Ville a acheté des terrains bénéficiant de droits acquis pour permettre l’aménagement de la gare, et ce, depuis plus d’un an et qu’il est donc grand temps de passer à l’action.

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M. Bouchard demande donc publiquement l’appui de l’Autorité régionale de transport métropolitain(ARTM), de la Communauté métropolitaine de Montréal(CMM) et des acteurs politiques et économiques de la région pour que le dossier aille de l’avant et ne se bute plus à quelque opposition que ce soit.  Le maire ajoute que «le site de la rue Victor a toujours fait consensus autant chez la population mirabelloise, le milieu économique que pour la députée de Mirabel Sylvie D’Amours».

«Le conseil municipal considère ce dossier clos puisque les autorisations ont été reçues. Tout a été dit dans ce dossier et on a fait la preuve que l’emplacement retenu est le bon.  Il nous faut désormais aller de l’avant pour le bien de la communauté mirabelloise», conclut le maire.

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