Histoire, Lieux, Transport

Le site de la future bibliothèque de Saint-Jérôme est-il contaminé?

Le site prévu pour la future bibliothèque de Saint-Jérôme a longtemps été celui d’une usine qui fabriquait des tuyaux de béton et d’un dépôt de distribution de produits pétroliers.

Publicité

Construit tout près, le Théâtre Gilles-Vigneault a vu ses plans modifiés à la suite de contraintes de sols, ce qui avait contribué au retard de la construction et causé des hausses de coûts. Dans le cas de la salle de spectacle, c’est toute la mécanique du bâtiment (chauffage, ventilation, climatisation, électricité, etc.) qui a dû être installée sur le toit de la structure plutôt qu’au sous-sol tel que prévu au départ.

La contamination de la nappe phréatique sur les terrains environnant la Vieille-Gare a aussi créé des enjeux supplémentaires lors de la construction sur la rue Latour d’un édifice à bureaux par la Société québécoise des infrastructures, occupé par plusieurs services gouvernementaux.

Le site prévu pour la nouvelle bibliothèque, au sud du marché public et de la tour de l’horloge.

Le 12 avril dernier, il y a plus de deux mois, TopoLocal a demandé au maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher si l’état des sols avait été évalué lors du choix d’emplacement de la future bibliothèque. Il n’a pas répondu à notre question.

Il est acquis que l’administration municipale sait que tout le secteur autour de la Vieille-Gare est à risque d’être contaminé. Le jour où la construction de la bibliothèque arrivera à l’étape d’être un avant-projet, une analyse des sols sera nécessaire.

Publicité

Chose certaine, l’historique des lieux choisis mérite probablement une réflexion, puisque cette partie de la Place de la Gare logeait il y a 50 ans des industries lourdes.

C’est la proximité du train qui a fait qu’historiquement, certaines industries s’étaient installées dans les environs.

Sur cette photo aérienne prise en 1967, on voit comment les environs ont évolué. A- La Vieille-Gare de Saint-Jérôme aujourd’hui restaurée qui était une gare à l’époque.  B- La zone prévue pour l’installation de la nouvelle bibliothèque. C- Le site où se trouve aujourd’hui le Théâtre Gilles-Vigneault. On comprend aussi en regardant cette photo que les projets qui s’additionnent sur les terrains adjacents à l’ancienne gare sont en train de bloquer le couloir qui pourrait servir au retour du train vers les Laurentides un jour.

Un corridor de circulation ferroviaire brisé

Il faut aussi ajouter que le développement du site de la Veille-Gare viendra peut-être compliquer un jour l’avenir du transport collectif puisque les projets actuels de la Ville de Saint-Jérôme sont en voie de boucher le couloir entre la voie ferrée actuelle et le Parc linéaire du P’tit train du Nord.

Lorsque le gouvernement du Québec avait acquis le couloir du parc linéaire dans les années 1980, le ministre Claude Ryan, membre du cabinet de Robert Bourassa, avait insisté pour que Québec demeure propriétaire de l’emprise du chemin de fer afin d’éviter que le couloir soit morcelé par les municipalités. Son but était de préserver un couloir pour d’éventuels projets de transport en commun.

Services locaux

Avec les projets d’édifice à bureaux de la SQI et maintenant de la bibliothèque, un futur train qui dépasserait Saint-Jérôme pour desservir Prévost ou Sainte-Adèle, par exemple, ferait face à des zigzags impossibles à Saint-Jérôme.

Cette éventualité est peut-être loin dans l’avenir pour certains, mais on pourrait faire remarquer qu’il y a à peine 38 ans, on croyait bien que Saint-Jérôme avait vu son dernier train quitter la gare.

La géométrie actuelle des voies du train de banlieue et la construction d’un édifice à bureaux de la SQI rendent complexes et probablement trop coûteux un éventuel prolongement du service ferroviaire vers le nord.

Publicité

Send this to a friend