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Louise Gallant prépare déjà sa retraite de la mairie de Sainte-Sophie

Louise Gallant, mairesse de Sainte-Sophie

Trois ans en politique, c’est une éternité. Mais Louise Gallant voit déjà la fin de son parcours. «Mon mandat actuel sera probablement mon dernier. En 2021, quand il va se terminer, je vais avoir 67 ans. Je vais voyager, m’occuper de mes petits-enfants. Oui, je le répète. Ça va probablement être mon dernier mandat.»

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La mairesse de Sainte-Sophie sourit quand on lui demande s’il y aura des prétendants à son poste. Louise Gallant est convaincue qu’il y aura, parmi les membres de son conseil actuel, des personnes désireuses de prendre la relève. Mais elle ne semble pas vouloir s’en mêler. «Qui est la meilleure personne? Ce n’est pas à moi à juger de cela. Ce sera à la population de décider.»

TopoLocal lui a demandé de faire le point alors que s’achèvent les six premiers mois de son deuxième mandat à la mairie de Sainte-Sophie.

Ses premiers mots? «Les quatre premières années, t’apprends! Tu apprends énormément.»

On frappe toujours à la porte de la mairesse

«Quand tu décides d’entre en politique t’es pas conscient de tout ce que ça peut engendrer comme changement de point de vue.»

«Ta position n’est plus la même, les gens ne te voient plus de la même façon. Moi j’étais dans le communautaire. J’étais en contact avec tous les citoyens de Sainte-Sophie, ceux qui étaient dans le besoin surtout, mais aussi ceux que je sollicitais pour les aider.»

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Habituée de tout demander pour aider sa cause, Louise Gallant doit maintenant composer avec de nombreuses demandes. Les citoyens veulent des choses, pour eux-même ou pour d’autres. Et c’est la mairesse qui doit choisir quelles questions méritent un oui, et auxquelles elle doit dire non.

«Le contact n’est pas le même. C’est sûr que mon expérience du communautaire m’a beaucoup aidée à gérer les personnes qui sont en colère ou bien insatisfaites des règlements municipaux.»

«On se comprend, il y a des gens qui n’aiment pas certains règlements et certaines lois et ils ont totalement le droit d’être en désaccord. Dans ces circonstances-là, moi j’aime bien chercher un juste milieu ou un terrain d’entente.»

Difficile de dire non

«Des fois, c’est difficile de dire non aux gens. J’ajouterais que bien franchement, je n’aime pas dire non non plus. Mais je peux au moins expliquer pourquoi. Souvent je n’ai pas le choix car le règlement est là pour tout le monde. Non, les règlements ne sont pas parfaits. Mais la plupart du temps, ils visent le bien commun.»

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«Parfois les gens veulent faire des choses qui vont nuire à l’environnement ou à la qualité de vie de leurs voisins. C’est à nous de leur faire comprendre que ça ne peut pas marcher ainsi.»

«C’est difficile parce que c’était la mentalité que les gens avaient avant. Je dirais un peu plus même à Sainte-Sophie où les gens possèdent des grandes propriétés. Du genre:  Je suis chez nous, je fais ce que je veux. Mais c’est souvent pour ça, en partie, qu’on se retrouve aujourd’hui avec des problèmes d’environnement à long terme.»

«Avec le temps j’apprends l’importance de l’environnement. J’apprends énormément à travers mes petits-enfants. Je change mes habitudes Je me fais reprendre. Beaucoup.»

«Le compostage, par exemple, je n’ai pas été élevée là-dedans. Mais il faut bien réaliser que c’est nécéssaire. Donc j’apprivoise le tout. Quand le recyclage a débuté, tout le monde contestait, Maintenant les bacs à recyclage sont pleins.»

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«Quand on a sorti le compostage – en passant, Sainte-Sophie a été la première ville à avoir les bacs bruns, dans le temps du maire Brière – ça a été contesté et ce l’est encore, mais on en voit de plus en plus les jours de collecte. Ça me fait plaisir. Je me dis que les gens se conscientisent de plus en plus à respecter l’environnement. Il faut le faire, pour nos générations futures.»

D’entrée de jeu, Louise Gallant venait de rappeler une réalité qui est celle de tous les politiciens municipaux: ce sont eux qui, constamment, doivent trouver l’équilibre entre le bien-être de la collectivité et les besoins des groupes et des individus de leur territoire.

Apprendre que tout n’est pas possible

«Les quatre premières années, t’apprends les règlements, t’apprends les lois… Tu apprends aussi comment les communiquer aux citoyens.»

«Tu apprends comment ça marche une municipalité, mais tu apprends aussi à quel point les autres niveaux de gouvernement réglementent tout. Ça ne nous fait pas toujours plaisir mais on n’a pas le choix. Il y a une loi, et il faut s’y conformer.»

Elle rit.  «Je n’ai pas de misère à être un petit peu rebelle vis-à-vis de ça moi aussi. Je me bats pour ce que je crois. Si les citoyens veulent que je me batte pour quelque chose, surtout si j’y crois, je vais définitivement me battre.»

«Je vais aller aussi loin que je peux. Des fois on a des victoires, des fois on n’en a pas, mais faut aller au bout!»

«Je sais que c’est une formule, mais il faut transformer les réactions en action et aboutir sur une solution. C’est long mais quand on y arrive, ça marche! »

Et dans son deuxième mandat?

«Au deuxième mandat, on applique nos rêves!» Louise Gallant répond avec un large sourire. Et elle rit un peu de la formule.

«C’est sûr qu’on ne peut pas tout faire, ajoute-t-elle sur un ton plus sérieux, mais quand on implique les gens avec nous, peu importe que ce soit pour combattre quelque chose ou pour faire avancer un dossier, c’est plus facile.»

Alors que plusieurs églises de la région sont menacées, Louise Gallant a fait remarquer que les paroissiens de Sainte-Sophie, dont l’église trône au milieu du village, ont fait preuve de solidarité pour assurer l’avenir de leur lieu de culte.

«Nous à Ste-Sophie, on a une vision du développement. Oui, ça se fait tranquillement, et on voudrait parfois que ça se développe plus vite pour répondre aux besoins des gens, mais il faut aussi regarder devant et s’assurer de prendre des bonnes décisions.»

«Souvent nos citoyens viennent au conseil et ils nomment des magasins en souhaitant que telle ou telle bannière vienne s’installer chez nous. Il faut bien réaliser que nous n’avons aucun mot à dire sur l’identité des commerces qui viennent s’établir. Notre rôle est de nous assurer qu’ils respectent les normes et les règles d’urbanisme, mais on ne choisit pas les bannières.»

«Certaines personnes, par exemple, trouvent que nous avons trop de stations d’essence. Mais ce n’est pas notre travail de décider des bannières ni de réglementer la concurrence.»

Évidemment, il y a des projets en cours de route qui doivent rester confidentiels, mais pour parler de développement commercial, je peux vous dire que la famille Thibeault, qui possède déjà le magasin Metro, a des projets qui devraient aboutir bientôt. Mais il y en aura d’autres.»

Pas de SAQ à Sainte-Sophie… pour l’instant

Louise Gallant a appuyé une demande des citoyens de Sainte-Sophie qui souhaitent voir s’installer chez eux une succursale de la Société des alcools du Québec(SAQ). «Notre population est en croissance et les gens nous demandent une succursale. Mais même avec une pétition de 5200 noms en main, on a essuyé un refus à la SAQ. Une succursale ici, ce n’est pas dans leurs plans. On verra bien! Et on continue de travailler.»

Du grand ménage

La mairesse est très fière de voir que plusieurs commerces le long de la 158 se sont pris en main pour améliorer l’apparence de leurs cours extérieures et de leurs bâtiments. «Cette année, on donne un bon coup pour encourager nos commerces de long de la 158 à soigner l’apparence de leur cour. Certains vont moins vite que d’autres mais dans l’ensemble, je crois qu’on voit déjà une amélioration. Je suis heureuse de voir qu’ils répondent positivement. Et le coup d’oeil est franchement meilleur.»

«J’ai aussi demandé à nos fonctionnaires de s’assurer qu’on fait le mieux possible pour rendre tous les lieux de la ville accessible aux handicapés. Parfois on pense qu’on n’est pas si pire, sur ce plan-là, mais quand on regarde de près, il y a un tas d’endroits qui ne sont pas encore accessibles. On a fait des efforts cette année au niveau des parcs et ce n’est pas fini.»

«Toute notre société est capable de faire mieux en terme d’assurer l’accès aux handicapés. Quand je vois une personne en fauteuil roulant dans une épicerie qui n’a pas accès aux tablettes d’en haut,  j’ai toujours l’envie de courir les aider un par un. Il faut que tout le monde sache à quel point il y a des obstacles quand on est dans une chaise. On ne doit jamais cesser de faire mieux.»

Le conseil municipal sur internet

«On vient tout juste de rendre nos assemblées de conseil disponibles en webdiffusion. Je trouve que c’est important de communiquer avec les citoyens, et la diffusion des rencontres du conseil est une bonne façon de les impliquer. Nous y avions songé auparavant, mais c’était très dispendieux. Maintenant, on arrive à diffuser le conseil en direct à un prix raisonnable.»

«On a aussi décidé de faire un pas de plus, donc je réponds maintenant à toutes les questions de citoyens dans les 48 heures de l’assemblée. Je prends le temps de fouiller et de fournir des réponses les plus complètes possibles. Je réponds non seulement aux questions posées sur place le soir de l’assemblée, mais aussi à toutes les questions qui sont posées en ligne via Facebook.»

«J’aime ça quand il y a du monde aux assemblées du conseil. Malheureusement, les salles de conseil se remplissent surtout en temps de crise. Moi je dis aux gens d’en profiter même quand les choses vont bien.»

«C’est sûr que c’est difficile à suivre au début, mais on apprend vite, et les gens ont toujours le droit de poser des questions. C’est important pour la relève et c’est intéressant pour les citoyens de se tenir au courant de ce qui se passe dans leur ville.»

Bientôt des élèves de 5e et 6e à la table du conseil

C’est aussi bientôt que le conseil municipal de Sainte-Sophie accueillera sept heureux élus choisis parmi les élèves de 5e et 6e année dans les écoles de la ville. Une journée qui plaît beaucoup à Louise Gallant.

«Les enfants passent une bonne partie de la journée à l’hôtel de ville pour apprendre le fonctionnement des divers services municipaux. Pour participer, les jeunes doivent écrire un texte dans lequel ils expliquent pourquoi ils devraient être choisis pour siéger au conseil. On essaie toujours de choisir ceux qui posent les meilleures colles!»

«On soupe ensuite ensemble avec les jeunes et les membres du conseil, puis ils sont jumelés avec un conseiller pour assister à l’assemblée. On en profite ce soir-là pour adopter officiellement une résolution qu’on leur a demandé de préparer durant la journée. Les jeunes ont parfois des idées surprenantes!»

Bientôt un sentier dans le coeur du village

Dans le coeur du village, là où se trouve l’église, l’école et, tout près, l’hôtel de ville, Sainte-Sophie disposera bientôt d’un sentier multifonctionnel distinct pour l’usage des piétons, cyclistes, et autres randonneurs. Le sentier sera situé en bordure des voies de circulation routière et balisé.

Annoncés en janvier, les travaux ont débuté le 5 juin et devraient prendre de quatre à six semaines, selon les conditions météo. Le sentier longera la montée Masson et reliera la route 158 à la rue des Bosquets. Il sera aménagé du côté sud-ouest de la chaussée entre le 158 et l’école Jean-Moreau, et du côté nord-est par la suite.

Louise Gallant rêve de raccorder un jour tous les sentiers de la ville pour favoriser des déplacements plus faciles pour tous les groupes d’âge. Le sentier dans le noyau du village est une première étape.

Le reste se fera, comme elle le dit, «au rythme des disponibilités budgétaires et des subventions. »

«Enfin on aura un accès très sécuritaire è l’école Jean-Moreau. Quand on voit déambuler des enfants dont la tête dépasse à peine les pneus des autobus scolaires et des camions, on comprend à quel point ce sentier sera un élément important pour la qualité de vie de nos gens.»

Charles Michaud
Cofondateur de TopoLocal, Charles Michaud a consacré 35 ans ans de sa vie professionnelle à l'information locale et régionale. On peut lui écrire à cm@topolocal.ca.

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