Lieux, Politique

Qui assurera le financement du Parc régional de la Rivière-du-Nord?

Le Parc régional de la Rivière-du-Nord risque d’être transformé. Pas tellement son territoire, mais la nature de son fonctionnement puisque son financement, assuré par les cinq villes de la MRC Rivière-du-Nord, est remis en question.

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Saint-Colomban invoque des contraintes de budget alors que Prévost veut utiliser une partie du territoire pour un projet d’école et de centre communautaire.

Saint-Colomban face à un choix budgétaire

Dans le cas de Saint-Colomban, le maire Xavier-Antoine Lalande parle d’une mesure strictement budgétaire.

«Saint-Colomban doit composer avec un jugement de la Cour supérieure. Nous serons possiblement forcés d’acheter le club de golf Bonniebrook pour environ 5 M$», dit le maire, qui ajoute que la Ville n’aura pas les moyens de se payer deux parcs d’envergure.

Comme c’est le cas pour bien des golfs au Québec, le propriétaire du Bonniebrook projetait de fermer son terrain de golf et de transformer le site de 770 000 mètres carrés en développement immobilier.  Mais un règlement de zonage, adopté à Saint-Colomban à l’époque par le conseil municipal du maire Jacques Labrosse, lui interdit.

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La cour a décidé que le règlement de zonage qui impose une vocation récréative au propriétaire du terrain de golf équivaut à une expropriation. La Ville a donc été condamnée à verser un total de 5 M$ au propriétaire afin d’acquérir le terrain.

«Nous avons consulté la population et nous avons finalement décidé de faire appel de la décision, mais il faut quand même envisager que si le pire scénario se réalise, nous devrons adopter un règlement d’emprunt de 5 millions», dit M. Lalande.

Dans ce cas, Saint-Colomban «n’aura d’autre choix», dit le maire, que de se retirer du Parc de la Rivière-du-Nord. «Si jamais nous gagnons en appel, on n’a pas de raison d’en sortir», ajoute-t-il.

Si Saint-Colomban de retire du Parc de la Rivière-du-Nord, ce sera pour des raisons strictement budgétaires, affirme le maire Xavier-Antoine Lalande.

Prévost veut un terrain pour une école secondaire

Quant à la Ville de Prévost, le maire Paul Germain a annoncé le lundi 9 avril qu’elle veut utiliser la partie du parc située au nord des chutes Wilson. Le terrain visé, situé entre la route 117 et la rivière du Nord, appartient au ministère des Transports du Québec. Il est situé en partie sur le territoire de Prévost et en partie à Saint-Jérôme. Même si le ministère est propriétaire des terrains, il a cédé au parc le droit à l’usage de sa superficie.

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Prévost demande donc à Québec de lui transférer le droit à usage de tous les terrains. Le maire Germain a laissé entendre que Saint-Jérôme accueillerait favorablement le projet.

La Ville de Prévost considère que ce territoire est situé au cœur de sa communauté et qu’il constituerait un environnement de qualité pour l’implantation d’une école secondaire «dynamique et inclusive» comprenant, sur un même campus, une bibliothèque publique, un centre communautaire et des installations sportives.

Un partenariat à cinq remis en question

Il faut dire que la structure du parc a été héritée d’une autre époque. Lors de sa création en 1989, la Corporation du Parc regroupait les quatre villes qui touchaient à son territoire, soit Bellefeuille, Prévost, Saint-Jérôme et Lafontaine.

En 2003, après les fusions municipales, la corporation a été prise en charge par la municipalité régionale de comté, qui, avec l’annexion de Bellefeuille et Lafontaine à Saint-Jérôme, comprenait désormais les cinq villes actuelles: Saint-Jérôme et Prévost, où le parc est situé, mais aussi Sainte-Sophie, Saint-Colomban et Saint-Hippolyte. Cette première entente, qui a duré de 2003 à 2013, a été renouvelée pour 5 ans et expire donc en 2018.

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Avec Saint-Colomban et Prévost qui ont d’autres projets, il reste à voir quelles seront les intentions de Saint-Hippolyte et Sainte-Sophie quant au renouvellement de l’entente. Le partenariat existant entre les cinq municipalités a été décidé à Québec par décret ministériel.

L’ensemble de ces décisions ne risque pas d’avoir de grands effets pour les usagers du parc, puisque la quasi-totalité des aménagements et des espaces verts, même si le projet de Prévost se réalise, ne seraient pas touchés.

Les maires tiennent à conserver le parc

La présidente de la régie du Parc, la mairesse de Sainte-Sophie Louise Gallant, ne s’en fait pas outre mesure. «L’essentiel, c’est que le parc lui-même n’est pas menacé», dit-elle.  Mme Gallant ajoute que le parc est un magnifique endroit qui profite à toute la région ainsi qu’à bien des visiteurs de l’extérieur.

Elle dit comprendre les besoins de Saint-Colomban de même que le projet de Prévost, et ajoute qu’elle est certaine que les maires des cinq municipalités trouveront ensemble un terrain d’entente. «De toute façon, le parc tel que les gens le connaissent n’est pas remis en question», conclut-elle.

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Le maire de Saint-Hippolyte Bruno Laroche est du même avis: «D’abord, personne ne veut remettre en question l’existence du parc, je sais que tous mes collègues maires de la MRC y croient et nous devrons nous rencontrer très très bientôt pour nous faire une tête sur la question.»

«Le parc a pris sa place dans la vie des gens de la région et il est là pour rester, poursuit Laroche, il nous reste à décider comment on travaille le dossier en équipe pour la suite des choses.»

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