Causes, Culture, Santé

Les Impatients des Laurentides, pour retrouver la santé mentale par la création artistique

On ne trouve pas toujours les mots pour dire ce que l’on a à l’intérieur de soi.

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Si en plus on est envahi par une maladie mentale, l’intérieur devient souvent impossible à expliquer…

Normal. Les mots sont un code pour la pensée et le raisonnement. Il y a des choses qui ne se raisonnent pas.  Alors on s’exprime par l’art.

Détail de l’oeuvre d’un des participants à l’atelier.

Intégré à leur thérapie, l’art permet à ces personnes de regagner leur estime de soi. Il améliore leur santé et diminue de façon mesurable les cas d’hospitalisation.

Tous les jeudis, au musée à Saint-Jérôme

Tous les jeudis depuis l’automne dernier, une poignée d’individus ont un rendez-vous au Musée d’art contemporain de Saint-Jérôme. Ils viennent y créer des oeuvres de toutes sortes. Ils sont assistés par Gabrielle Larocque, artiste sérigraphe et spécialiste du patrimoine vivant, et sont aussi accompagnés par des intervenantes du Centre intégré de santé et de services sociaux(CISSS) des Laurentides.

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La valeur de la création artistique pour les personnes qui souffrent de maladies mentales a été maintes fois démontrée. Créer des choses, poursuivre ses passions, interagir avec des personnes qui sont complices de leur création, s’intégrer à une communauté, ce sont toutes des activités qui permettent aux personnes atteintes de maladie mentale de mieux vivre leur vie.

On prévoit qu’ils seront 35, sur une période d’un an, à participer à ces ateliers des Impatients. Une expérience qui leur permet de créer, d’apprendre mais aussi de participer à des événements où leurs créations sont exposées publiquement. Ce n’est pas par hasard que c’est un chemin qui ressemble beaucoup à celui que visent la plupart des thérapies en santé mentale.

Frédéric Palardy, directeur général des Impatients, s’est dit particulièrement heureux que les Impatients de Saint-Jérôme puissent se rencontrer dans les murs du musée. «Un musée, c’est un excellent endroit pour nos ateliers, l’endroit est clair, agréable, et l’ambiance est propice à la création», dit-il.

 

Gabrielle Larocque, animatrice des ateliers.

L’art, la santé, la collectivité

Les ateliers des Impatients, qui se tiennent à Saint-Jérôme depuis l’automne dernier sont tenus grâce à la collaboration du Musée d’art contemporain des Laurentides, du CISSS et de la Fondation de l’hôpital régional de Saint-Jérôme.

Services locaux

L’initiative est venue du CISSS, qui souhaitait offrir ce type d’ateliers à ses «impatients». La fondation de l’hôpital a vite accepté d’appuyer le projet et le musée, dont le directeur Jonathan Demers connaissait bien l’organisme, a fait sa part. «Il s’agit d’un organisme beau, mais surtout, essentiel», a-t-il dit. Quant à la directrice de la fondation de l’hôpital Chantal Fortin, elle a dit que son organisme est «choyé» de pouvoir installer cet organisme dans la région.

Majorik Bouchard, directeur-adjoint du CISSS responsable des programmes de santé mentale, a rappelé qu’en plus d’aider les personnes à exprimer ce qu’elles vivent, les ateliers contribuent de façon tangible à réintégrer les personnes souffrant de maladies mentales dans la communauté. Ils ont aussi des impacts positifs sur les participants, entre autres en brisant leur isolement. Plus de 35 personnes par année profiteront du nouveau programme, dont l’avenir est assuré pour les trois prochaines années.

 

Chantal Fortin, directrice de la Fondation de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, a fait remarquer que pour son organisme, habitué surtout à financer des équipements médicaux et des installations hospitalières, le projet des Impatients constitue un filon humain très intéressant.

 

Le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher a félicité les responsables du projet et rappelé que Saint-Jérôme ne perd pas de vue ses projets pour le Musée d’art contemporain des Laurentides.

Un projet né en 1992

En 1992, la Fondation des maladies mentales du Québec a appuyé une initiative qui découlait d’un projet-pilote mené à Montréal, à l’hôpital Louis-H. Lafontaine, qu’on appelle aujourd’hui l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Depuis 1999, la fondation qui parraine le projet, la Fondation pour l’art thérapeutique et l’art brut du Québec, a choisi de se faire connaître sous le nom Les Impatients. L’expression confirme qu’ils ne considèrent pas les participants comme des patients, mais plutôt comme des créateurs impatients de guérir, de développer leur art et de retrouver un rôle dans la société.

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Au fil des ans, Les Impatients ont pris de l’importance. On trouve maintenant des ateliers dans 14 lieux différents à Montréal et dans sa région.

Charles Michaud
Cofondateur de TopoLocal, Charles Michaud a consacré 35 ans ans de sa vie professionnelle à l'information locale et régionale. On peut lui écrire à cm@topolocal.ca.

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