Éducation, Lieux, Politique

Des parents de Prévost veulent une école secondaire

Le projet existe depuis plusieurs années: des parents de la ville de Prévost et de Saint-Hippolyte souhaitent avoir une école secondaire sur leur territoire. Ils veulent une école bien à eux, à proximité de leurs jeunes et capable de créer un sentiment d’appartenance,  mais aussi de raccourcir le trajet d’autobus des jeunes.

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Le maire de Prévost Paul Germain soutient le projet. Et il a ajouté que la Ville grefferait à une éventuelle école un gymnase, une bibliothèque et une salle de spectacles. Le maire de Saint-Hippolyte Bruno Laroche a déjà fait savoir qu’il appuie le projet lui aussi.

«Une promesse oubliée»

Daniel Roch, qui milite depuis plusieurs années en faveur d’une école secondaire à Prévost, a expliqué à TopoLocal que les parents de Prévost et de Saint-Hippolyte ont été en quelque sorte abandonnés par la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord(CSRDN). «Quand ils ont construit l’École des Hauts-Sommets à Lafontaine, on nous disait que nos jeunes fréquenteraient cette école qui est plus près de chez nous et qui permettrait de raccourcir les trajets d’autobus. Mais cette promesse a été bafouée et aujourd’hui nos jeunes ont été redirigés vers la Polyvalente.»

«Ce que je souhaiterais, au fond, c’est que la CSRDN se mette à l’écoute d’une collectivité qui l’invite à revoir sa tendance à centraliser les services et qui voudrait repenser les modèles habituels pour mieux servir ses jeunes», a dit M. Roch.

«Pour nous le sentiment d’appartenance c’est très important, tout comme la vie communautaire. D’autant plus qu’en intégrant des équipements municipaux pour le sport, la culture et une école, nous aurions chez nous un pôle d’activités très animé.»

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«Je ne crois pas au Père Noël ni aux solutions magiques, mais est-ce qu’on ne pourrait pas, pour une fois, faire preuve d’imagination? Peut-être songer au moins à une école secondaire de premier cycle installée à même un complexe municipal que le conseil est d’ailleurs prêt à supporter? C’est ce que je voudrais qu’on discute publiquement plutôt que de se retrouver face à une fin de non-recevoir», a conclu M. Roch.

Un noyau de personnes défendent le projet depuis maintenant plus de deux ans. Comme le maire Germain, ils veulent profiter de la période électorale provinciale pour obtenir de la part des différents candidats leur engagement à soutenir le projet.

La commission scolaire voit les choses autrement

Du côté de la CSRDN, il n’y a pas de projet de construction d’école secondaire à l’horizon. La commission scolaire, pour l’essentiel, ne voit pas la pertinence de construire une telle école à Prévost quand ses autres écoles sont sous-peuplées.  En 2016, les écoles secondaires de la CSRDN comptaient 7895 élèves malgré leur capacité de 9850 places. Malgré l’accroissement de la population, cette capacité est loin d’être atteinte cette année.

Les politiciens s’invitent au débat

Devant la nouvelle effervescence du projet, une première promesse de la Coalition avenir Québec n’a pas tardé. De passage dans les Laurentides après un caucus de son parti à la fin de janvier, le chef François Legault a balayé du revers de la main les réserves de la commission scolaire. Sa réponse? «La CAQ va abolir les commissions scolaires, la question ne se posera donc plus…»

Services locaux

Promesse déjà tournée en ridicule par la vice-cheffe du Parti québécois Véronique Hivon. De passage à Saint-Jérôme quelques jours plus tard, Mme Hivon avait comparé le chef caquiste et ses promesses à un pays imaginaire où vivraient des licornes.

En entrevue à la radio CIME, Legault a néanmoins précisé qu’il trouvait que c’était un beau projet et qu’il s’engageait à le chiffrer avant d’en faire un engagement en vue des prochaines élections. Ce qui a aussi fait réagir le seul député libéral des Laurentides, Yves St-Denis.

Argument additionnel des pro-école: Prévost sera désormais une circonscription électorale distincte à compter de l’automne 2018 et serait, dit-on, une des seules circonscriptions à ne pas compter d’école secondaire sur son territoire. Voilà qui annonce des débats intéressants.

Avec la campagne électorale qui s’amorce, il faut s’attendre à ce que le sujet revienne dans les discussions publiques dans les prochains mois. Les gens favorables au projet ont un groupe sur Facebook pour ceux qui voudraient plus d’informations.

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