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Hochelaga, terre des âmes ou l’art de renouer avec ses racines

Hochelaga, terre des âmes, c’est l’histoire d’un archéologue mohawk et étudiant universitaire(Samian) et d’un chercheur(Gilles Renaud) qui entreprennent des fouilles au stade Percival-Molson à Montréal après un affaissement de terrain.

L’archéologue espère retrouver les traces d’Hochelaga, un village iroquois. Mais en même temps, c’est beaucoup plus que ça. En 1h47, 750 ans d’histoire défilent à l’écran.

Grâce aux différents objets retrouvés lors des fouilles, on retrace peu à peu l’histoire des âmes qui vivaient autrefois sur cette terre, dont celle de Jacques Cartier qui arrive à Hochelaga avec son équipage. L’étudiant fera de ce débarquement l’objet de sa thèse de doctorat et en la défendant, il fera revivre Jacques Cartier et les Premières nations mais aussi les coureurs des bois et les Patriotes.

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375 ans avant Montréal

Le film a été créé dans le cadre du 375e anniversaire de la Ville de Montréal. «C’est en marchant sur le Mont-Royal avec le réalisateur François Girard que l’idée nous est venue: et si on faisait un film qui présenterait ce qui s’est passé 375 ans avant Montréal, qui mettrait de l’avant ceux qui ont marché sur cette terre avant nous», explique le producteur Roger Frappier.

Trois ans de travail et un financement de 16 M$ sont à l’origine d’Hochelaga, terre des âmes. Selon Samian, qui incarne le rôle principal du film, le résultat est une fresque historique et une croisée des chemins. L’idée du film est de renouer avec nos racines. Roger Frappier mentionne que l’objectif est aussi de laisser aux prochaines générations une trace du passé, de ce qui s’est réellement produit.

Le respect des Autochtones

Une des scènes présente Jacques Cartier qui arrive à Hochelaga, qui se fait accueillir par le peuple autochtone et qui, dès le premier jour, déclare que l’endroit s’appellera désormais Montréal au nom du roi de France. «Nous vivons avec une amnésie du passé, dit le producteur, le but du film est de mettre en lumière ce qui a été occulté pendant des siècles.» Selon lui, c’est un premier pas vers une réconciliation avec les Autochtones.

«La devise du Québec est Je me souviens mais se souvient-on vraiment que Montréal appartenait d’abord aux peuples autochtones?», demande M. Frappier. Samian espère que le film devienne un jour un outil éducatif en rappelant que tout n’est pas dit dans les livres scolaires, que la Loi sur les Indiens constitue une forme d’apartheid et que le dernier pensionnat autochtone a été fermé il y a 20 ans à peine.

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Le producteur Roger Frappier, Samian et Gilles Renaud en conférence de presse au Cinéma Carrefour du Nord au sujet du film Hochelaga, terre des âmes, le 16 janvier 2018.

Pour le producteur et le réalisateur, c’était essentiel que la culture et le langage des autochtones soient fidèlement représentés. Toutes les Premières nations qu’on retrouve dans des scènes du passé parlent les langues autochtones officielles. Le scénario et les textes ont aussi été vérifiés et approuvés par les chefs autochtones. Les rôles des autochtones, les comédiens autant que les figurants, sont d’ailleurs tous interprétés par de vrais Amérindiens.

Ces détails apportent une profondeur à l’histoire, mais la qualité du jeu des comédiens et les lieux de tournage sélectionnés contribuent également à la beauté du film.

Des personnages crédibles pour un film réaliste

Le personnage de Samian défend sa thèse tout au long du film entre les scènes historiques. Par contre, lors du tournage, Samian a dû réciter le texte en une seule fois. «Ça représentait neuf pages de texte et je n’ai pas beaucoup de mémoire», confie-t-il, mais selon le producteur, il a réussi à être naturel et convaincant.

Il est aussi crédible dans son rôle d’archéologue. Son beau-père étant archéologue pour vrai, il a pu compter sur ses conseils pour bien exécuter les techniques de fouilles. Il était aussi bien encadré sur les lieux de tournage pour jouer son rôle, car les archéologues qui l’accompagnent dans ses recherches sont aussi archéologues dans la vie.

Samian et Gilles Renaud racontent leur préparation pour jouer leur rôle.

Gilles Renaud, qui incarne un personnage secondaire, croit qu’il n’a pas eu beaucoup de travail à faire pour jouer son rôle: «J’avais juste à encourager l’étudiant, à lui dire de prendre le sujet pour sa thèse, de ne pas laisser la découverte à un Blanc. Ce n’est pas difficile à jouer.» Son jeu de comédien était tout de même important pour l’histoire. «Son personnage devait transmettre l’importance de la découverte archéologique sans drame, sans émotion et il a su très bien le faire», affirme Roger Frappier.

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Des paysages pour sept siècles d’histoire

Selon Gilles Renaud, le film est d’une splendeur visuelle remarquable. Chaque lieu est adapté à l’histoire.

Un coureur des bois frappé par la maladie. Photo Les Films Séville

 

Les fouilles archéologiques au stade Percival-Molson. Photo Les Films Séville

 

L’arrivée de Jacques Cartier à Hochelaga. Photo Les Films Séville

Quelques scènes ont été tournées dans les Laurentides, notamment à Mirabel et à Oka en collaboration avec le Bureau du cinéma et de la télévision des Laurentides (BCTL).

Pour souligner cette contribution, une projection-bénéfice organisée par le BCTL a eu lieu au cinéma Carrefour du Nord le 16 janvier dernier. Elle a réuni des partenaires du Bureau du cinéma, des gens de l’industrie ainsi que des représentants de la région et a permis d’amasser 15 000$ qui aidera le BCTL à continuer à faire connaître les Laurentides au grand écran.

Le producteur Roger Frappier, accompagné de Samian et de Gilles Renaud dans le cadre d’une projection-bénéfice du film, le 16 janvier 2018 à Saint-Jérôme.

Hochelaga, terre des âmes a pris l’affiche le 19 janvier 2018.

Un aperçu

Annick Roy-Desautels
Journaliste, Annick collabore avec TopoLocal depuis septembre 2017. On peut lui écrire à annick@topolocal.ca.

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