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Martin le Ninja, le rêve de David Therrien

Martin le Ninja habite un personnage tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Un comptable dans la trentaine comme vous en connaissez probablement. Le garage Latendresse de Saint-Hippolyte, où il travaille, ressemble un peu à un garage que vous connaissez. Mais pas tout à fait…

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Martin le Ninja, c’est l’histoire d’un comptable dans la trentaine qui devient un ninja. C’est une BD québécoise dans le style manga. Elle contient, dit son auteur David Therrien, «de l’humour, de la violence, de la nudité et parfois, un langage vulgaire…un vrai manga, quoi!» Une bande dessinée pour les 13 ans et plus.

Dans le huitième tome de Martin le Ninja, notre comptable revient à lui au garage Latendresse à la suite de son aventure précédente, mais très bientôt Azazel, un démon, qui l’oblige à devenir un «guerrier de l’Enfer», mettra à nouveau les griffes sur lui. Il partira en mission à la recherche d’une danseuse dans un bar de Saint-Janvier…

Le 8e tome de Martin le Ninja

Une fiction locale

Toute ressemblance avec la vraie région des Laurentides s’arrête là, mais les clins d’oeil locaux restent nombreux. Car Martin le Ninja est plutôt un voyage dans l’imaginaire de David Therrien, un bédéiste de la région qui en signe les textes et dessins.

Le garage Latendresse de David Therrien et sa pompe à essence nettement «vintage».

Le père de Martin le Ninja continue de produire des bandes dessinées de plus en plus reconnues et lançait à l’été 2017 le troisième tome de Pierre et La Pierre, une bande dessinée qu’il signe avec son ami Jean Marquis.

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C’est à Sainte-Sophie que les personnages apparaissent, planche après planche, au bout de la plume de David Therrien.

Il mène les deux projets de front. Pour Martin le Ninja, il travaille seul alors que pour Pierre et La Pierre, Jean Marquis signe les textes.

Pierre et La Pierre: une BD pour tous

Dans cet autre projet de David Therrien, Pierre est un vendeur de pierres ésotériques sans scrupule. Une pierre maléfique changera son destin.

Le nouveau Pierre et la Pierre

Après plusieurs centaines de copies vendues des deux premiers numéros, les auteurs proposent un troisième tome, dont la couverture parodie Le petit prince. Comme les précédents, le nouveau tome se trouve depuis la mi-juillet non seulement sur les tablettes de librairies indépendantes et de spécialistes de BD, mais aussi dans tout un réseau de distribution élargie.

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David Therrien n’en dit pas plus sur les aventures à venir, mais il nous révèle quand même qu’il y aura des nouveaux personnages dans l’univers de Pierre et la Pierre. Avis, dit son message, «aux amateurs d’humour, de science-fiction et de poulet!»

Une vocation, pas encore un gagne-pain

Deux projets de front par année, dans le monde de la BD au Québec, ce serait suffisant comme emploi à temps plein pour une poignée de noms très connus, vedettes du monde assez restreint de la bande dessinée québécoise, mais David Therrien n’en est pas là.

Pour l’instant, ce jeune père réalise le gros de ses revenus avec DaveStudio, son entreprise d’animation, de montage vidéo et de sites internet.

Un parcours nourri par la passion

David Therrien a toujours dessiné. Plus jeune, il profitait de ses temps libres pour exercer ses talents de créateur de toutes sortes de façons, touchant aussi au montage vidéo, à l’animation, aux effets numériques, etc. Il a également donné des cours de bande dessinée, notamment à Saint-Jérôme.

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«Je travaillais par nécessité, pour payer mes factures. J’ai eu des emplois qui tournaient autour de la techno, chez Future Shop, dans un club Vidéotron, etc. Jamais trop loin du monde de la création et du numérique, mais ce qui me passionnait, c’était le dessin.»

Aujourd’hui devenu père de famille, c’est avec son entreprise qu’il gagne sa vie, mais ses projets de BD sont toujours bien vivants. «Des fois, sur le plan de la création, les temps sont roughs, j’ai une maison et un enfant, il faut que j’essaie de balancer famille, création et travail, c’est ça qui est difficile. Mais j’ai toujours voulu créer mes propres affaires…»

David Therrien travaille ses dessins dans ses rares temps libres. Une réalité qu’il a lui-même dessiné.

Il a fait «de tout et de n’importe quoi» au fil des ans, mais surtout de l’animation. Il a créé une coop de création avec des amis de jeunesse, dont Simon Geraghty, aujourd’hui chef de cabinet du maire de Saint-Jérôme, et Pierre-Hugues Piché, un jérômien qui était le réalisateur, monteur et un rouage important de l’émission Taxi Payant, maintes fois nommée pour des prix Gémeaux malgré des moyens de production beaucoup plus limités que ses compétiteurs.

«On s’appelait déjà Dave Studio. On faisait des sites web et de l’animation. Dans ce temps-là, on pouvait faire des animations complexes, mais la plupart des connections web n’avaient pas assez de vitesse pour les présenter», ajoute-t-il en se remémorant les débuts d’internet. À l’époque, des introductions de site internet ça incluait de la musique, des graphiques, et un tas d’affaires wow… qui prenaient une heure à télécharger!», ajoute-t-il en riant.

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Martin le Ninja, né en 2010

«En 2010, j’ai décidé de faire une BD. Martin le Ninja, c’est inspiré par un de mes chums, qui est un vrai comptable,  et qui se nomme Martin. Il a l’air de tout sauf un comptable dans la vraie vie. En fait, il a une vie rangée. Mais c’est un ninja de party!»

Une distribution plus étendue

Disponibles via internet par le biais de son propre site martinleninja.com, on trouve maintenant les BD de Dave Studio dans un nombre considérable de magasins de toutes sortes. «À la suite d’une entente avec le distributeur Messageries Dynamiques, on est chez  Walmart, Jean Coutu, Renaud-Bray, Boni-Soir et un peu partout, au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, un tas d’endroits dont voici la liste complète

Installé dans le studio/salle de lavage de sa maison de Sainte-Sophie, David Therrien couche patiemment ses rêves sur papier, un trait de plume à la fois. «On espère que ce réseau nous permettra de faire décoller nos ventes davantage. C’est sûr que l’idée, un jour, c’est de ne faire que de la BD.»

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