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Le Carrefour du Nord, 40 ans plus tard

C’est un anniversaire qui est passé inaperçu l’an dernier: le Carrefour du Nord célébrait ses 40 ans d’existence en 2016. Voici l’occasion de faire un retour en arrière au sujet de ce complexe dont la réalisation aura transformé le visage de Saint-Jérôme.

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Au début des années 1970, c’était surtout au centre-ville qu’on faisait ses emplettes à Saint-Jérôme. On pouvait aussi se rendre jusqu’au Centre d’achats Saint-Jérôme, aux limites de Lafontaine.

L’implantation des Galeries des Laurentides, en 1973 à Saint-Antoine, était venue quelque peu changer la donne, puisqu’il s’agissait du premier centre commercial intérieur dans la région.

Mais c’est surtout le Carrefour du Nord qui a fait entrer les Jérômiens dans la «modernité» commerciale… tout en sonnant le glas pour le centre-ville qui a dû se réinventer une vocation.

Services locaux
La page Une de L'Écho du Nord du 13 août 1975, alors que débutait la construction du Carrefour du Nord.
La page Une de L’Écho du Nord du 13 août 1975, alors que débutait la construction du Carrefour du Nord.

20 M$ et 1000 emplois!

L’annonce de ce projet par le Groupe Westcliff fut l’une des grosses nouvelles de 1975 à Saint-Jérôme. Après tout, le Centre commercial de l’autoroute, comme on le désignait au départ, représentait un investissement colossal(!) de 20 M$ et promettait la création de 1000 emplois.

De quoi réjouir le maire de l’époque, Bernard Parent, d’autant plus que ce complexe de «près de 100 magasins et offrant 3200 places de stationnement» ajouterait 1,5 M$ en revenus de taxes pour la Ville.

Après un an de travaux sur un vaste terrain à la limite nord-ouest de la ville, le Carrefour était inauguré le 11 août 1976.

Ce jour-là, des milliers de Jérômiens découvraient les plaisirs du magasinage à l’abri des intempéries à deux pas de chez eux.

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Et ils couraient la chance de gagner un «gros lot»: une rutilante roulotte Dauphine de 26 pieds, d’une valeur de 12 000$! Tout cela au son de «l’orchestre bavaroise»(sic) qui assurait l’animation du mail…

Tous les magasins n’étaient cependant pas encore ouverts.

Il faudra même attendre l’année suivante pour voir s’implanter le magasin Simpsons-Sears, sans doute la bannière la plus prestigieuse du Carrefour.

Un concours qui promettait une roulotte de 26 pieds, d'une valeur de 12 000$.
Un concours qui promettait une roulotte de 26 pieds, d’une valeur de 12 000$.

Quelques commerces y sont depuis le début

Le monde de la vente au détail a évidemment beaucoup changé en 40 ans. Moins d’une dizaine des commerces actuels du Carrefour s’y trouvaient à l’origine.

La Bijouterie Doucet, Sports Experts, Le Château, Suzy Shier, Laura Secord, la Banque Nationale et Radio Shack (devenu La Source) comptent parmi ces irréductibles.

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C’est également vrai pour le Canadian Tire et la Société des Alcools du Québec(SAQ), qui ont toutefois déménagé entre-temps dans des locaux distincts du complexe principal.

Quant au Maxi et Cie, il s’agit d’un rejeton de l’ancienne chaîne d’alimentation Dominion, installée au Carrefour dès le départ. Le cinéma y a également toujours eu sa place, mais en 1976, il n’y avait que deux salles exploitées par France Film.

Au nombre des nombreux disparus, souvenons-nous du supermarché Steinberg, KMart, Wise, Disques A&A, Phildar, Harrison tissus et draperies, boutique Zabé, Distribution aux Consommateurs, Musique Galipeau, Librairie Garneau, Chaussures Brian, Machin Chose et Maison de Choix, pour ne nommer que ceux-là.

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Quelques commerces de propriété locale, comme la mercerie Michel Tamilia et la boutique Qui, s’étaient aussi établis au Carrefour, mais ont fini par céder la place aux grandes chaînes de détail qui monopolisent aujourd’hui les centres commerciaux.

Les hauts et les bas de la vente au détail

En 40 ans, le Carrefour du Nord a évolué selon les goûts des consommateurs et au gré des cycles de la vente au détail. Même dans les périodes creuses, il s’en est plutôt bien tiré et a toujours réussi à maintenir un faible taux d’inoccupation de ses locaux.

Aujourd’hui, le Carrefour, toujours propriété de Westcliff qui possède 24 centres commerciaux au Québec, comprend 120 magasins et boutiques. On estime qu’il est fréquenté par cinq millions de personnes chaque année.

Services locaux

Comme pour bien d’autres centres, la fermeture inopinée du magasin Target, en 2015, a été un dur coup. Mais des travaux sont en cours pour transformer ce vaste espace qui abritera bientôt un Winner’s, et où se relocaliseront les succursales de Ardène et Urban Planet.

Bientôt, ce sera le magasin de disques HMV qui fermera ses portes. Il pourrait par contre être repris par la chaîne ontarienne Sunrise Records, qui prévoit relancer une douzaine des 22 succursales HMV du Québec.

Si, en 1976, on parlait d’un investissement de 20 M$, des agrandissements et transformations, en 1987, 1994 et 2003, ont ajouté à la valeur du Carrefour, qui a aussi bien sûr profité de la hausse du marché immobilier.

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Aujourd’hui son évaluation municipale atteint  93,2 M$, ce qui rapporte 2,8 M$ en taxes à la Ville. Sans compter l’immeuble du Canadian Tire dont la valeur s’élève à 17,3 M$.

Journaliste d'expérience, Henri Prévost couvre Saint-Jérôme et les Laurentides depuis 40 ans.
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