Éducation, Histoire, Personnes, Politique

Jacques Grand’Maison est mort

Jacques Grand'Maison, en haut à droite, accompagné de sa famille dans les années 1950, sur une photo de Gonzague Allaire, publiée dans le magazine VO, disponible sur le site de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Sociologue, prêtre et écrivain natif de Saint-Jérôme, Jacques Grand’Maison, un des penseurs remarqués de la révolution tranquille, est décédé le 5 novembre 2016 à l’âge de 84 ans.

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Il souffrait depuis un certain temps d’un cancer des os. Il était en phase terminale.

Enraciné à Saint-Jérôme

Issu d’une famille ouvrière de Saint-Jérôme, il a été un militant de la Révolution tranquille, un nationaliste et un socio-démocrate. Jeune étudiant en théologie, il a oeuvré auprès des milieux ouvriers, notamment du temps de la Jeunesse étudiante catholique et, plus tard, de la Jeunesse ouvrière catholique.

Quand survient la fermeture de l’une de trois grosses usines de Saint-Jérôme, la Regent Knitting Mills, il fait partie du comité qui accouchait, dans les années 1970, du projet de l’usine Tricofil, une coopérative autogérée de travailleurs du textile.

Il ne cessera jamais de s’intéresser à la chose publique. Parmi les nombreux essais qu’il a publiés, on retrouve des titres tels que Stratégies sociales et nouvelles idéologies, paru en 1970, et L’école enfirouapée, en 1978.

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«Une source d’inspiration»

François Mercier, actuel président de Centraide Laurentides, l’a cotoyé pendant la naissance de Tricofil. «Il a été une source d’inspiration et de confiance tranquille pour tous les travailleurs qui ont fait partie de Tricofil. Tout au long de leur parcours, aux côtés de François Chaput et de Paul-André Boucher, il a communiqué aux travailleurs de l’encouragement et de la persévérance» a-t-il mentionné.

Par voie de communiqué, le chef de la CAQ François Legault a tenu à exprimer ses condoléances à toutes les personnes touchées par sa disparition. Jacques Grand’Maison était, au dire du chef caquiste, «un phare, une conscience».

Un leader

Dans le Québec militant du milieu des années 1960 aux années 1980, il était de tous les combats. Beaucoup de gens de Saint-Jérôme voyaient en lui un leader. Quand arrive une élection partielle en 1979, certains affirment que des sondages le donnent gagnant, autant comme maire potentiel que comme député pour représenter Saint-Jérôme, mais il refuse d’aller en politique.

Auteur prolifique, il restera intéressé par les valeurs humaines et la conscience des collectivités.

Services locaux

En 2003, dans Questions interdites sur le Québec contemporain, il se qualifiait lui-même de réactionnaire progressiste-conservateur, s’insurgeant contre la tendance à tout balayer le passé.

Une entrevue audio réalisée avec Denise Bombardier à Radio-Canada où il revient sur son enfance et sa vie.

Un homme inquiet

Il signait en 2015 un livre que beaucoup considèrent comme son testament spirituel, Ces valeurs dont on parle si peu: essai sur l’état des moeurs au Québec. Scandalisé par le superficialisme et le vide spirituel qu’il observe autour de lui, (il aime rappeler qu’il est un «sociologue du quotidien») il se dit inquiété par «la destruction massive des assises de la vie» qui pourrait signifier à son avis la disparition de l’espèce humaine.

Il dira cependant qu’il sentait chez les gens un désir de combler ce vide spirituel, ajoutant, en entrevue sur le site Présence, «il y a de l’espérance là-dedans».

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